Sport: de l'espoir pour les amputés

Publié le 08 Août 2008 à 2h00 par Gilles Goetghebuer, journaliste santé
Les formidables progrès accomplis dans le domaine de la prothèse ont généré de nombreux espoirs pour tous les amputés sportifs.
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Des prothèses médiatiques

La possible participation d'Oscar Pistorius aux prochains Jeux olympiques de Pékin a provoqué un tabac sans précédent dans le monde sportif. Pour rappel, les biomécaniciens consultés par le Comité International Olympique avaient d'abord statué que la double prothèse tibiale du sprinteur sud-africain constituerait un avantage trop important par rapport à ses adversaires valides avant de changer d'avis et de lui permettre de prendre part aux compétitions pour athlètes valides. C'est dire le chemin parcouru depuis les anciennes jambes de bois, même si finalement Oscar Pistorius n'est pas parvenu à atteindre les résultats permettant de participer aux Jeux olympiques. Dans ce domaine, la technologie surpasse désormais la nature. Nous n'en sommes pas encore là pour ce qui concerne les prothèses articulaires. Mais on trouve néanmoins matière à s'enthousiasmer.

Une belle mécanique

Il y a une dizaine d'années, la marque autrichienne Otto Bock Health Care présentait à la presse un nouveau modèle baptisé "C-Leg" destiné aux amputés fémoraux. Cette jambe de remplacement est équipée d'un petit moteur hydraulique alimenté par batteries qui assure de facon mécanique le contrôle du mouvement de flexion du genou. Jusque-là, rien d'extraordinaire. Sinon que le C-Leg s'adapte à la facon de marcher de son propriétaire. Il est équipé de petits capteurs électroniques situés dans le fût tibial, qui envoient des informations, au rythme de 60 messages par seconde, à un microprocesseur qui déterminera ensuite les paramètres d'amplitude et la vitesse du mouvement. La personne peut donc marcher sans problème sur des sols irréguliers, accélérer le pas et même courir! Toutes ces performances étaient évidemment impossibles autrefois.

Des prothèses plus sécures et plus confortables

Le porteur de C-Leg se sent aussi plus en sécurité. Si son pied glisse sur le sol, la jambe se raidit automatiquement. Au repos, la jambe s'arrête aussitôt de tout mouvement. On peut même garder le C-Leg pour dormir. Si on se lève pendant la nuit, le software reprend son travail d'analyse des informations et l'on peut se rendre aux toilettes sans crainte de se casser la figure. Bref, ce n'est pas le geste qui s'adapte au genou mécanique mais le genou mécanique qui s'adapte au geste. La démarche retrouve son ancienne harmonie, ce qui permet même de défiler sur les podiums, comme le faisait Heather Mills, ex-femme de Paul McCartney dont la garde-robe comptait une demi-douzaine de prothèses parmi lesquelles elle choisissait en fonction de la hauteur de ses talons.

Encore trop cher

La batterie de ces prothèses nouvelle génération, de type GSM, se recharge sur secteur à raison de 20 minutes tous les deux jours. On peut même utiliser l'allume-cigare d'une voiture. Trois heures avant l'échéance d'épuisement, l'appareil émet une série de bips d'avertissement. En cas de panne ou si la batterie est à plat, la prothèse redevient raide. Comme les jambes d'autrefois. Bien sûr, tout le monde n'a pas les moyens de l'ex Madame McCartney. L'acquisition d'un C-Leg représente tout de même un investissement de l'ordre de 35.000 euros. Plutôt onéreux pour le simple quidam! Mais comme on assiste actuellement à la mise sur le marché de concurrents (adaptative, 1P340, Rhéo), les prix pourraient progressivement être tirés vers le bas.