Séparation : le poids de la culpabilité pour celui qui s'en va...

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La séparation d’un couple est forcément un moment douloureux.
Des émotions très diverses peuvent se manifester : tristesse, colère, haine, abattement, remords, ou culpabilité.

La culpabilité est souvent dans le camp de celui qui s’en va. Et elle pèse lourd, à tort ou à raison…

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La culpabilité n’est pas toujours négative !

Le sentiment de culpabilité est souvent considéré uniquement comme un poids dans notre société où il ne faudrait se sentir coupable de rien. Or, parfois, nous savons très bien que nous n’agissons pas au mieux. Le sentiment de culpabilité peut alors se révéler comme une boussole, un signal d’alerte pour dire : « Attention, tu ne vas pas dans la bonne direction ! » Et cette culpabilité-là peut nous éviter de faire des bêtises.

La culpabilité est parfois une voie de la raison

Ludovic, par exemple, a failli quitter sa femme, non pour une autre, mais à cause d’un passage très difficile dans leur relation. Or, il se sentait fortement coupable de la laisser seule et n’a pu s’y résoudre. Cinq ans plus tard, il ne regrette rien. « Heureusement que j’ai hésité et renoncé. Nous avons passé un cap, vraiment horrible, mais je pense que nous formons aujourd’hui un autre couple et que cela en valait la peine ».

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La culpabilité est donc parfois une voie de la raison qui nous évite de suivre des émotions à fleur de peau. Mais pas toujours !

La culpabilité de celui qui voulait partir…

Antoine était fiancé et a voulu quitter sa fiancée. « Je savais que l’on ne s’entendrait pas, nos caractères étant trop différents. Quand j’ai parlé séparation, elle s’est effondrée en pleurs. Cela m’a touché et j’ai fait machine arrière. Je me suis marié la mort dans l’âme. Et cela fait 25 ans qu’on ne s’entend pas, que l’on ne fait rien ensemble. Je m’en veux énormément de ne pas avoir tenu bon à l’époque pour rompre nos fiançailles. Parce que je me sens coupable d’avoir gâché ma vie… et la sienne. Elle aurait mérité d’avoir un homme avec qui elle soit bien. Mon manque de courage nous a fait prendre une mauvaise direction et une fois sur les rails, il est très difficile d’en changer. Surtout quand un enfant arrive rapidement. »

Faire de la peine à quelqu’un est toujours difficile quand on a du cœur. L’essentiel serait pourtant plutôt de faire le moins de peine possible. En effet, entre faire souffrir une jeune femme de 20 ans pendant quelques mois à cause d’une séparation, c’est sans doute moins grave que de gâcher entièrement 30 ans de vie de couple de deux personnes… Ce type de sagesse est malheureusement difficile à appréhender, particulièrement lorsque l’on est très jeune.

Publié le 06 Octobre 2013
Auteur(s) : Dr Catherine Solano