La saga continue : statines contre démences

Le champ d'action des statines se révèle beaucoup plus large que la simple réduction du cholestérol. Utilisées en prévention primaire et secondaire des accidents vasculaires cérébraux et autres pathologies coronaires, leur panoplie s'élargir de jour en jour. Hier, on leur attribuait un effet anti-ostéoporose, s'y ajoute aujourd'hui une action préventive des démences.
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Les statines exercent des effets thérapeutiques beaucoup plus complexes que la simple réduction du taux de cholestérol qui leur était initialement attribuée. Leur indication en cas d'hypercholestérolémie diminue les risques d'accidents vasculaires cérébraux (AVC). Mais outre cette utilisation, elles atténuent les risques de récidive; il s'agit donc cette fois d'une action préventive secondaire. Indépendamment du cholestérol, cette classe de molécule possède également une activité anti-ostéoporose chez le sujet âgé, à laquelle s'ajoute aujourd'hui, un effet préventif des démences.

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Les statines diminuent le risque de démences

Les démences (dont la maladie d'Alzheimer) touchent 10% de la population de plus de 65 ans. Leurs mécanismes sont multiples, mais souvent liés à des phénomènes vasculaires et lipidiques.Une étude menée en Angleterre sur 284 patients atteints de démence montre qu'après 50 ans, un traitement par les statines diminue nettement le risque de développer une démence. Cette action est indépendante du taux de cholestérol.

Les multiples effets préventifs de ces molécules mènent à de nombreuses questions en matière de prévention, qui sous-entend d'aller voir son médecin avant d'être malade. Dans le cas des statines, éviter une hypercholestérolémie chez des sujets à risques, passe par une prise en charge à long terme, sur plusieurs mois. Elle nécessite donc un engagement réel qui doit impérativement s'accompagner d'une hygiène de vie, notamment un régime alimentaire équilibré et adapté. D'autre part, si aujourd'hui un tel traitement reste cher, l'arrivée des génériques pourrait palier à cet inconvénient. Les statines représenteraient alors une nouvelle voie préventive.

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 02 Janvier 2001 : 01h00
Source : Jick H. et coll., Lancet, 2000, 356 : 1627-31.