Des rats télécommandés

Des animaux pourront bientôt remplacer l'homme dans des situations dangereuses ou inaccessibles. Des chercheurs américains ont réussi à diriger des rats à distance en envoyant des impulsions électriques dans leur cerveau par télécommande.
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Il y a bien des endroits où l'homme trouverait utile de pouvoir envoyer des animaux dociles à sa place : pour passer dans les décombres d'un séisme ou se déplacer dans une zone irradiée ou polluée par des produits toxiques par exemple. Mais comment contrôler le comportement d'un animal à distance ? Le dressage demande de longues heures de patience. Aussi, des chercheurs de l'université de New York ont-ils mis au point une solution radicale en créant le premier rat télécommandé.

Un drôle de sac à dos

Trois électrodes ont été implantées dans le cerveau de rats de laboratoires. La première est capable de stimuler le circuit du plaisir par le biais des noyaux gris centraux. Les deux autres ont été placées de façon à stimuler les cortex somatosensitifs droit et gauche. Ces électrodes sont reliées à un microstimulateur, lui-même relié à une antenne que l'animal porte dans un sac à dos. Au-dessus de l'ensemble, sont arrimées deux microcaméras qui transmettent des images du paysage que traverse l'animal.

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Une télécommande dotée de 500 m d'autonomie

Un opérateur situé jusqu'à 500 m de distance de l'animal peut, à l'aide d'un ordinateur portable, délivrer des impulsions électriques à chacune des trois électrodes. Après un entraînement de dix séances dans un labyrinthe, les rats se sont montrés capables d'interpréter les signaux électriques envoyés dans leur cortex sensitif droit et gauche comme autant d'ordres de changement de direction. Le centre du plaisir était stimulé chaque fois que l'animal obéissait aux ordres. Les chercheurs ont alors pu diriger ces rats dans un environnement ouvert et sur des trajectoires complexes sans aucune difficulté (canalisation, échelles, passerelles, etc.).

Publié le 21 Mai 2002
Auteurs : Dr Agnès Lara
Source : Talwar S.
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K., Nature 2002; 417: 37-38.