Ramadan 2026 : les 4 causes scientifiques à la fatigue en journée !

Publié par Freya Yophy
le 25/02/2026
jeun ramadan
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Le jeûne du Ramadan impose des ajustements biologiques profonds à l'organisme. Entre transition métabolique, fragmentation du sommeil et déshydratation, découvrez les mécanismes scientifiques qui expliquent votre baisse d'énergie diurne et apprenez à identifier les signaux d'alerte nécessitant une vigilance médicale.

Les premiers jours de jeûne sont souvent les plus éprouvants pour le corps humain. Habitué à un apport régulier de nutriments, l'organisme doit soudainement revoir sa stratégie de gestion énergétique pour s'adapter à une privation diurne prolongée. Cette période de recalibrage sollicite intensément nos ressources physiologiques, provoquant une sensation de lassitude parfois difficile à gérer au quotidien. 

Comprendre ces mécanismes permet non seulement de mieux appréhender la fatigue du Ramadan grâce aux explications scientifiques, mais aussi d'adapter son comportement pour traverser ce mois avec plus de sérénité.

Comprendre la transition métabolique

L'une des causes principales de la baisse d'énergie réside dans la bascule de carburant opérée par le corps. Après environ huit à douze heures sans nourriture, les réserves de glycogène stockées dans le foie s'épuisent totalement. 

Pour continuer à fonctionner, l'organisme n'a d'autre choix que d'enclencher la lipolyse, un processus qui consiste à puiser dans les graisses pour produire de l'énergie. Cette transition métabolique du glucose vers les lipides durant le Ramadan demande un effort d'adaptation enzymatique conséquent, souvent ressenti comme un coup de barre intense.

Ce changement interne s'accompagne inévitablement d'une modification de la glycémie. La baisse progressive du taux de sucre sanguin en fin de journée ralentit les fonctions gourmandes en énergie. 

C'est pourquoi la concentration intense devient plus ardue à l'approche de la rupture du jeûne. Toutefois, le corps fait preuve d'une remarquable plasticité : au fil des jours, la flexibilité métabolique s'accroît, rendant l'utilisation des graisses plus efficace et atténuant la sensation de fatigue lors de la dernière semaine du mois sacré.

Gérer le manque de repos nocturne

Le sommeil subit lui aussi des perturbations majeures qui affectent directement la vigilance diurne. Le réveil avant l'aube pour le Suhoor interrompt les cycles naturels de récupération, réduisant souvent la phase de sommeil paradoxal (REM), indispensable à la restauration cognitive. 

Une méta-analyse publiée dans Sleep Medicine Reviews souligne d'ailleurs qu'un jeûneur perd environ une heure de sommeil par nuit, ce qui équivaut à presque quatre nuits blanches sur l'ensemble du mois. L'impact du sommeil et sa fragmentation durant le Ramadan constituent donc un défi réel pour le rythme circadien.

Ce désalignement de l'horloge biologique est accentué par le décalage des repas vers la nuit. La sécrétion de mélatonine et de cortisol s'en trouve perturbée, ce qui renforce la somnolence durant la journée. Les siestes courtes deviennent alors des alliées précieuses pour compenser partiellement cette dette, à condition qu'elles n'empiètent pas sur la capacité à s'endormir le soir venu.

Surveiller l'hydratation et la température

La privation d'eau joue un rôle tout aussi crucial dans la fatigue ressentie. Le cerveau étant composé à environ 75 % d'eau, une perte hydrique même minime, de l'ordre de 1 à 2 % du poids corporel, suffit à altérer les fonctions mentales. 

Cette déshydratation cognitive pendant le Ramadan et ses conséquences se manifestent par des difficultés de concentration et une baisse de la vigilance. Parallèlement, la restriction hydrique peut entraîner une baisse de la tension artérielle, provoquant maux de tête et faiblesses.

Enfin, le corps cherche à économiser ses ressources en ralentissant son métabolisme de base, ce qui influence la régulation de la température corporelle durant le jeûne

Cette thermorégulation à la baisse explique les sensations de frilosité fréquentes en fin d'après-midi. Il demeure toutefois impératif de distinguer une fatigue normale d'une situation pathologique. Des vertiges persistants, une confusion mentale ou des tremblements constituent des signaux d'alerte nécessitant un arrêt du jeûne médical immédiat pour prévenir tout accident grave.

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