Le raloxifène, une solution pour celles qui ne font pas bon ménage avec les hormones

Publié par Dr Agnès Lara le Mercredi 10 Avril 2002 : 02h00
Le traitement hormonal de la ménopause est efficace pour prévenir l'ostéoporose. Cependant, les femmes à risque élevé de cancer du sein ne peuvent en bénéficier. Le raloxifène peut alors être une bonne solution de remplacement : efficace contre l'ostéoporose, il diminue le risque de cancer du sein de près de 80 %.
PUB

La prescription d'hormones aux femmes ménopausées a largement fait ses preuves pour lutter contre le vieillissement précoce. La très grande majorité des médecins reconnaissent en particulier leur efficacité dans la prévention de l'ostéoporose et des maladies cardio-vasculaires. Ils hésitent pourtant encore à prescrire ces traitements hormonaux aux femmes qui ont un risque élevé de cancer du sein (celles qui possèdent des antécédents familiaux de cancer du sein ou encore celles qui ont déjà été atteintes d'un tel cancer). Plusieurs études ont en effet montré que la prise hormonale pouvait augmenter ce risque. Que faut-il faire alors ? Quelle mesure préventive prendre ?

Le raloxifène, une solution de remplacement

Les hormones, et en particulier les estrogènes, sont des messagers chimiques transportés par le sang. Ils exercent leurs actions sur les tissus via des récepteurs. Ces molécules particulières se trouvent à la surface des différents tissus de l'organisme et sont capables de reconnaître ces messagers à la façon d'une serrure qui ne laisserait entrer que la bonne clé. C'est en se fixant sur leurs récepteurs spécifiques que les estrogènes exercent leurs effets.Certains médicaments, dont le raloxifène est le chef de file, sont également capables de se fixer sur ces récepteurs mais sans toutefois exercer d'effets délétères sur le tissu mammaire. Ils peuvent donc constituer un traitement alternatif aux estrogènes dans la prévention de l'ostéoporose et des maladies cardio-vasculaires.

PUB
PUB

Efficace contre l'ostéoporose, cancer du sein en moins

Un effet bénéfique sur le tissu osseux a été démontré chez les femmes ayant suivi un traitement par raloxifène. Une augmentation de la densité minérale osseuse (+2,4%) a effectivement été observée au niveau des vertèbres lombaires et de la hanche après deux ans de traitement. Le raloxifène s'est également avéré efficace contre les tassements vertébraux caractéristiques de l'ostéoporose (jusqu'à –50 % par rapport aux femmes n'ayant bénéficié d'aucun traitement).En plus d'être efficace contre l'ostéoporose, le raloxifène diminue fortement le risque de cancer du sein (-76 %) chez les femmes sous traitement depuis 40 mois (plus de 3 ans). Celui du cancer de l'utérus n'est pas augmenté. Une diminution significative du taux de cholestérol sanguin a également été observée, ce qui peut laisser présager un effet bénéfique dans la prévention des maladies cardio-vasculaires.Par ailleurs, les médecins ont pu vérifier que le raloxifène n'altérait pas les performances cognitives. Bien au contraire, la mémoire verbale et le niveau d'attention se sont avérés meilleurs chez les femmes sous traitement.Evidemment, comme tout traitement, celui-ci a son lot d'effets secondaires. Une augmentation de la fréquence des bouffées de chaleur a été relevée, ainsi qu'une augmentation du risque de thrombose veineuse profonde.

Publié par Dr Agnès Lara le Mercredi 10 Avril 2002 : 02h00
PUB
PUB
A lire aussi
Les traitements de l'ostéoporose : ils sont nombreux !Publié le 05/03/2007 - 00h00

Excepté le traitement hormonal de la ménopause, très peu de femmes connaissent l'existence des quatre types de traitements indiqués dans la prévention des fractures de l'ostéoporose. Comment fonctionnent-ils ? Qui peut en bénéficier et combien coûtent-ils ? Le point avec le Dr David Elia*.

Les phytoestrogènes sont-ils efficaces pour prévenir l'ostéoporose ?Publié le 04/05/2001 - 00h00

Certaines femmes, méfiantes face aux médicaments, se tournent vers les médecines douces qui représentent une alternative tentante, notamment aux traitements hormonaux dans le cadre de la ménopause et de l'ostéoporose. Le GRIO (Groupe de Recherche et d'Information sur les Ostéoporoses) s'estinterrogé sur l'efficacité des phytoestrogènes, substances végétales revendiquant une action de type oestrogènes (Isoflavones et Iprifalvones), dans la prévention de l'ostéoporose. La conclusion est sans équivoque : « dans l'état actuel des recherches, ces molécules ne peuvent...

Fracture d’ostéoporose : cinq différences hommes/femmes Publié le 12/02/2016 - 16h02

L’ostéoporose et le risque de faire une fracture ostéoporotique ne sont pas l’apanage de la femme et ne sont pas forcément liés à la ménopause. L’homme en souffre aussi, moins souvent mais avec des conséquences plus sévères. Homme ou femme, la même maladie ?

Plus d'articles