Quand se ronger les ongles devient handicap

Se ronger les ongles, parfois jusqu'au sang, n'est pas sans conséquence, notamment sur le plan social. A côté des traitements locaux, pas toujours très efficaces, les thérapies comportementales méritent d'être connues.
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L'onychophagie est le terme médical désignant la tendance à se ronger continuellement les ongles. Particulièrement fréquente durant l'enfance et l'adolescence, elle relève d'une instabilité légère, comme celle observée chez les enfants nerveux. Selon la définition, « elle permet de libérer les tensions sur le mode symbolique d'un compromis entre l'agressivité (envie de mordre) et le plaisir oral (succion du doigt) ». Les traitements locaux comme les vernis amers à appliquer sur les ongles n'ont qu'une efficacité très variable. Cependant, cette habitude, exceptée si elle est associée à des troubles psychomoteurs (tics, manipulation des cheveux, etc.), est le plus souvent passagère et anodine.

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Sauf que le fait de se ronger les ongles, parfois jusqu'au sang, peut avoir des conséquences graves, notamment sur le plan social. A côté des nombreuses techniques plus ou moins empiriques qui vont de la punition à l'aloès sur les ongles, et qui toutes sont plus ou moins efficaces, le renversement d'habitudes est une technique comportementale injustement méconnue dans notre pays.

Des scientifiques ont donc cherché à démontrer l'efficacité de cette thérapie comportementale en la comparant à un placebo. Ce dernier reposait sur une simple discussion portant sur l'onychophagie, tandis que le renversement des habitudes consistait à apprendre au sujet à repérer parfaitement et exactement les moments où il se ronge les ongles puis, à lui faire substituer ce comportement par un autre, comme par exemple se secouer le poignet pendant une minute. Il apparaît clairement que cette méthode est plus efficace que le placebo, comme en témoignent les photos des ongles avant et... après !

Publié par Rédaction E-sante.fr le Mercredi 11 Juin 2003 : 02h00
Source : Twohig M.P. et coll., J. Clin. Psychiatry, 64 : 40-48, 2003.