Un proche atteint d'un cancer : comment le soutenir ?

Publié le Lundi 12 Mars 2007 : 01h00
Apprendre que quelqu'un qu'on aime est atteint d'un cancer provoque un choc violent. Comment vivre avec la maladie de l'autre, l'aider à la surmonter, l'accompagner même dans ses moments de découragement ? Marie-Armelle Roquand, psychologue clinicienne et psychanalyste au Centre Régional de Lutte contre le Cancer Paul Papin à Angers, nous explique comment traverser, ensemble, cette épreuve.
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Quand une personne qu'on aime est touchée par la maladie, c'est un véritable choc...

Le diagnostic de cancer, pour l'un des siens, ébranle la cellule familiale et touche également les amis intimes. Mais pour les proches, cette épreuve est vécue à un niveau différent. L'angoisse de se sentir atteint dans son corps « contraint » à un cheminement de pensée où l'idée de la mort (à tort ou à raison) se fraie une voie, sera éprouvée par l'entourage « en bonne santé ». Mais il peut s'en défendre avec plus de force. La maladie de l'autre renvoie à des interrogations sur soi. Chacun peut se demander « si ce cancer m'arrivait à moi ? » « Pourquoi est-ce l'un des miens qui est touché ? » C'est un temps trouble, pendant lequel les émotions des uns et des autres surgissent violemment, et ne sont pas forcément identiques. Elles dépendront du vécu de chacun, de son histoire personnelle avec la maladie, de son lien avec le patient atteint.

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Quel est le rôle du proche tout au long de la maladie et de ses traitements ?

Il est multiple : sa principale fonction est l'accompagnement, et plus encore, le soutien, l'appui, tant affectif que matériel et administratif. Mais il devient aussi fréquemment un repère face à la maladie. Ainsi lors de l'annonce du diagnostic, la personne concernée, souvent en état de choc, voit ses capacités intellectuelles momentanément paralysées, l'empêchant d'entendre véritablement et de comprendre le discours du médecin.La personne qui l'accompagne retiendra mieux les informations données, elle devient alors transitoirement l'intermédiaire, pour redire ce qu'il en est de la maladie et des traitements. Et surtout, par la parole instaurée autour de cet « inacceptable », elle permettra à la personne malade de s'approprier ce qui a été dit. Parfois la fatigue est grande, et le malade peut décider qu'un proche devienne son relais et son interprète, « la personne de confiance », auprès du milieu médical et infirmier.

Publié le Lundi 12 Mars 2007 : 01h00
Source : Propos recueillis par Isabelle Delaleu Fondamental N° 113
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