Pourquoi votre nez coule dès qu'il fait froid : comprendre et agir sur la rhinorrhée

Publié par Freya Yophy
le 25/02/2026
femme qui se mouche
Istock
La « goutte au nez » dès que les températures chutent n'est pas forcément le signe d'un rhume. Ce phénomène physiologique naturel, appelé rhinite induite par le froid, protège vos poumons de l'air sec. Découvrez les mécanismes en jeu et les réflexes recommandés par les spécialistes pour protéger votre muqueuse nasale cet hiver.

Dès que le mercure plonge, le mouchoir devient pour beaucoup un accessoire indispensable, presque une extension de la main. Pourtant, cet écoulement nasal soudain et souvent gênant n'a souvent rien de pathologique. Il s'agit d'une réaction d'adaptation fascinante de notre organisme face à un environnement hostile. 

Avant de craindre une maladie virale, il est crucial de comprendre ce qui se joue réellement au niveau de votre visage lorsque vous mettez le nez dehors, car votre corps tente avant tout de se protéger.

Pourquoi votre nez devient une usine à eau

Votre système respiratoire agit comme un climatiseur inversé d'une efficacité redoutable. Sa mission première est de préparer l'air inspiré afin qu'il n'agresse pas les poumons. 

Lorsque l'air extérieur est glacial et sec, le nerf trijumeau ordonne aux glandes nasales de surproduire du mucus pour humidifier ce flux d'air. C'est une véritable prouesse thermique : votre nez est capable de réchauffer un air à -10°C pour le porter à près de 30°C en une fraction de seconde avant qu'il n'atteigne la trachée. 

Cette hyperactivité glandulaire explique le nez qui coule au froid et son mécanisme physiologique.

En parallèle, un phénomène purement physique s'ajoute à cette production biologique : la condensation. L'air chaud et humide que vous expirez se transforme instantanément en eau au contact de la peau froide du bord des narines, exactement comme de la buée sur une vitre. 

Le problème est aggravé car le froid paralyse temporairement les cils vibratiles. Ces petits filaments, qui agissent habituellement comme un tapis roulant pour évacuer les sécrétions vers la gorge, tournent au ralenti. Le liquide s'accumule donc dans la cavité nasale et finit par couler vers l'avant par simple gravité.

Rhinite du skieur ou virus : faire la différence

Il est fréquent de confondre cette réaction naturelle avec le début d'une infection, ce qui pousse parfois à une surconsommation médicamenteuse inutile. 

Pourtant, quelques indices permettent de faire la différence entre un rhume et une rhinite vasomotrice liée à la température. Le fameux « nez du skieur » se caractérise par un écoulement clair, aqueux et fluide, qui cesse généralement quelques minutes après le retour dans une pièce chauffée 1. De plus, il ne s'accompagne d'aucune fièvre ni courbature.

À l'inverse, une infection virale s'installe dans la durée. Si le mucus s'épaissit, vire au jaune ou au vert, ou si vous ressentez une fatigue anormale, le mécanisme de défense a probablement laissé place à un véritable rhume. La distinction est essentielle : la rhinorrhée au froid est un signe de bon fonctionnement de votre organisme, tandis que le rhume nécessite une vigilance accrue.

3 réflexes pour soulager vos fosses nasales

Pour gérer cet inconfort sans agresser votre organisme, la douceur est de mise. Les spécialistes expliquent souvent comment bien se moucher pour éviter une sinusite ou une otite : il est impératif de presser une narine après l'autre, sans souffler trop fort, pour ne pas propulser les sécrétions infectées vers les sinus ou les trompes d'Eustache. 

Un mouchage trop violent est souvent contre-productif et irritant.

L'entretien de la muqueuse est tout aussi important. L'hygiène nasale et l'utilisation de sérum physiologique ou d'eau de mer isotonique constituent la base de la prévention. 

Ces solutions permettent de nettoyer les fosses nasales sans les assécher, contrairement à l'usage répété de sprays décongestionnants qui peuvent créer une accoutumance. Comme traitement naturel pour un nez qui coule en hiver, privilégiez donc le lavage simple plutôt que la médication systématique.

Enfin, l'environnement joue un rôle clé. Maintenir un taux d'humidité entre 40 et 60 % chez soi aide à prévenir le dessèchement 5. À l'extérieur, le geste le plus simple reste de porter une écharpe devant le visage. 

Cette barrière permet de pré-réchauffer l'air inspiré et de protéger la muqueuse nasale du froid sec, limitant ainsi la réaction en chaîne qui aboutit à l'écoulement.

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