Plus de 1000 substances allergisantes présentes dans vos vêtements

Publié le 30 Avril 2019 par Mathilde Polivka, journaliste santé
Face aux cas d’allergies cutanées liés à des textiles d’habillement, l’Agence de sécurité sanitaire française (Anses) et l’Agence suédoise des produits chimiques (Keml) proposent d’interdire plus de mille substances dans les vêtements.
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© Istock

Mille substances allergisantes cutanées pourraient être interdites dans les vêtements tels que les articles textiles, cuirs, fourrures et peaux, vendus au grand public. Face à la hausse de cas d’allergies cutanées liés à des textiles d’habillement, l’Agence de sécurité sanitaire française (Anses) et l’Agence suédoise des produits chimiques (Keml) ont proposé à l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) de les interdire. Il s’agit de colorants et autres "substances sensibilisantes", explique l’Anses dans un communiqué publié le 29 avril 2019.

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"Mieux protéger les consommateurs des risques d’allergies cutanées"

L'Anses et le Keml ont établi leur proposition de restriction après avoir réalisé en juin dernier une étude pour identifier les produits chimiques présents dans les habits pouvant être à l’origine des réactions allergiques observées. Les deux agences espèrent ainsi "mieux protéger les consommateurs des risques d’allergies cutanées." Elles proposent notamment d’interdire, dans les textiles, "25 substances de la famille des colorants dispersés ayant des propriétés sensibilisantes."

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Des concentrations maximales à ne pas dépasser

Les deux agences ont également procédé à une évaluation des risques afin de déterminer les concentrations maximales à ne pas dépasser pour ces substances décriées. Dans le cadre du dossier de restriction, leurs travaux ont abouti aux propositions suivantes : 

Limiter la concentration des substances sensibilisantes aux seuils suivants:

  • 1 mg/kg pour les composés du chrome VI (textile, cuir, fourrures et peaux)
  • 130 mg/kg (textile) et 110 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour le nickel et ses composés
  • 70 mg/kg (textile) et 60 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour le cobalt et ses composés
  • 75 mg/kg pour le formaldéhyde (textile, cuir, fourrures et peaux)
  • 250 mg/kg (textile) et 210 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour la 1,4 paraphénylène diamine
  • 130 mg/kg (textile) et 110 mg/kg (cuir, fourrures et peaux) pour les autres substances classées sensibilisantes cutanées.

Des alternatives possibles

L’Anses explique également dans son communiqué qu’une analyse des alternatives possibles à ces substances a été réalisée : "Des alternatives chimiques existent notamment pour les colorants dispersés pour lesquels la substitution est faisable et déjà amorcée en Europe". L'Echa formulera un avis sur cette proposition, à l'issue d'une consultation publique de six mois. Il reviendra ensuite à la Commission européenne de "statuer sur l'adoption de cette restriction", souligne l’Anses.

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