Phobies de l’enfant. Et si on les soignait ?

Publié le 03 Septembre 2012 | Mis à jour le 03 Septembre 2012
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
© Istock

Je connais un PDG qui a la phobie des ascenseurs.

Du coup, il prend toujours l’escalier, quel que soit l’étage. Il s’est accommodé me diriez-vous.

Mais diriez-vous la même chose si je vous disais que ce type de phobie, diagnostiqué et soigné au cours de l’enfance, est le plus souvent guéri en 5 à 10 séances de psychothérapie ? 

Ne soyez pas fatalistes face aux phobies de vos enfants, la psychiatrie a fait d’importants progrès, notamment avec les thérapies comportementales et cognitives (ou TCC).

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Les phobies sont fréquentes durant l’enfance

Ce ne sont pas les phobies qui manquent et elles se mettent en place très facilement au cours de l’enfance. Il suffit d’imaginer un accident (dans un ascenseur, etc.), une agression (dans le noir, etc.), pour qu’une pensée effrayante émerge et s’associe à un comportement de fuite.

Une fois cette triade rencontrée – événement déclencheur / pensée négative / comportement fuyant avec peur – un automatisme peut se mettre en place, ce qui caractérise la phobie.

L’efficacité des thérapies comportementales et cognitives

Contrairement à une idée reçue, tout le monde peut être concerné par une phobie. Ce n’est pas du tout un signe de déséquilibre mental. Il s’agit d’un bug en quelque sorte, que l’on peut corriger, surtout pendant l’enfance.

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Le bug, c’est que les messages « raisonnables » du cortex n’arrivent plus à se faire entendre et que les émotions prennent toute la place tout de suite. De ce fait, les messages rationnels comme « les accidents d’ascenseur, c’est exceptionnel » ne marchent pas. Or une émotion cela ne se corrige pas par la raison, mais par la pratique. C’est en prenant plusieurs fois l’ascenseur sans problème que l’automatisme paniquant s’arrêtera. Reste que si l’on pousse l’enfant dans l’ascenseur, cela ne marche pas non plus, bien au contraire.

D’où l’intérêt des thérapies comportementales et cognitives (ou TCC) qui travaillent en même temps les comportements et les pensées, de manière à rompre le cercle vicieux et à redonner à l’enfant la possibilité de refaire quelques tests sans être paralysé par la peur.

Le thérapeute pourra par exemple apprendre à l’enfant à bien se relaxer, puis à se relaxer en pensant à l’ascenseur, puis à faire un test avec le thérapeute en se relaxant à côté de l’ascenseur, etc. Cela peut aller très vite pour les phobies simples.

Soumis par la Rédaction le
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