Pas de régime restrictif chez les enfants !

Publié le 29 Septembre 2008 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
En dehors de quelques maladies rares*, il n'y a pas lieu de prescrire un régime restrictif à un enfant. Il faut s'atteler à corriger les erreurs et à rétablir une alimentation équilibrée. En pratique, comment procéder en cas d'excès de cholestérol ou d'obésité chez un enfant ?
© Istock
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Que faire en cas d'excès de cholestérol ?

Même en cas d'hypercholestérolémie (excès de cholestérol), il ne faut pas imposer un régime restrictif à un enfant. En revanche, il convient de réduire les apports excessifs en graisses et de modifier leur répartition (diminuer la part des acides gras saturés au profit des acides gras mono et poly-insaturés). En pratique, on peut recourir à des laitages écrémés, éviter les excès de charcuteries et de fromages, remplacer le beurre par des margarines ou des huiles végétales, éviter les parties grasses des viandes. Et enfin, c'est souvent le plus difficile : réduire les graisses cachées (acides gras saturés) contenues dans les aliments de grignotage : biscuits, viennoiseries, chips, etc. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est diminuer fortement la quantité de graisses car elles participent pour une bonne part aux apports caloriques. Or des apports caloriques insuffisants retentissent défavorablement sur la croissance de l'enfant.

Comment procéder en cas d'obésité ?

Les régimes hypocaloriques limitent la quantité de calories quotidiennes et risquent (comme indiqué ci-dessus), d'entraver la croissance. Par ailleurs, ce type de régime est rarement suivi sur le long terme par les enfants. Les enfants obèses ont pourtant des apports caloriques supérieurs à leurs besoins. La raison est généralement un mauvais équilibre entre les catégories alimentaires : leur alimentation est trop riche en sucres rapides et en lipides. Et le plus souvent, ce déséquilibre provient des aliments grignotés en dehors des repas. La consigne est donc d'imposer 4 repas par jour (dont le goûter) et aucun aliment en dehors. Il est possible ainsi de rétablir progressivement une alimentation normocalorique et équilibrée.

Le cas des allergies alimentaires

Lorsqu'une allergie à un ou plusieurs aliments (polyallergie) est confirmée, il convient d'imposer un régime d'éviction de l'allergène ou des allergènes en question. Il est nécessaire d'avoir recours à une diététicienne pour veiller à ce que le régime d'éviction n'entraîne pas de déséquilibre alimentaire. Par exemple, les enfants allergiques au lait ont souvent besoin d'un supplément en calcium, voire parfois aussi en vitamines. Certaines allergies alimentaires étant transitoires, la réintroduction des aliments peut être envisagée par l'allergologue en fonction des résultats à certains tests. Attention, un régime d'éviction ne doit être décidé qu'après confirmation de l'allergie et identification précise de l'allergène par le médecin. Les parents ne doivent pas mettre en place un tel régime sur de simples suspicions. Certaines exclusions non justifiées aboutissent à des catastrophes nutritionnelles avec répercussion sur le développement de l'enfant. * Seules quelques maladies rares imposent un régime restrictif très spécifique : hypertriglycéridémies exogènes, phénylcétonurie, glycogénoses et autres maladies métaboliques, insuffisance rénale.

Source : Panorama du Médecin, 15 septembre 2008.