Orgasme : avez-vous testé la pénétration assistée ?

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Stimuler le clitoris pendant la pénétration : voilà le principe de la pénétration assistée. Un geste simple qui augmenterait vos chances d'atteindre l'orgasme. On décrypte avec le Dr Claude Esturgie, sexologue à Talence (Gironde).

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La pénétration assistée, voilà un terme qui cache bien son jeu. A première vue, il évoque des images absurdes. S'agit-il d'un coaching en direct lors de vos rapports sexuels ? Ou bien d'un nouvel objet connecté capable de vous dire si vous effectuez les bons gestes ? Ni l'un, ni l'autre.

Derrière cette expression compliquée se cache une réalité très simple… et un acte que vous pratiquez peut-être sans le savoir ! Car la pénétration assistée consiste, tout bêtement, à accompagner la pénétration d'une stimulation manuelle du clitoris.

Si vous ne l'avez pas encore testée, mieux vaut vous y mettre rapidement. D'après une récente étude, cela pourrait vous faire grimper au rideau à coup sûr. "Stimuler le clitoris au moment de la pénétration est une très bonne chose, confirme le Dr Claude Esturgie, sexologue à Talence (Gironde). Cela permet aux femmes de ressentir plus de plaisir."

C'est une question d'anatomie

La pénétration assistée fait, pour ainsi dire, des miracles sur le plaisir féminin. Sans stimulation clitoridienne, 21 à 30 % des femmes seulement connaissent l'orgasme au cours d'un rapport. C'est ce qu'a montré une étude réalisée par l'université Emory d'Atlanta (Etats-Unis).

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Par contre, si la pénétration est accompagnée d'une caresse du clitoris, plus de la moitié des femmes en tirent une réelle jouissance. Des travaux publiés récemment dans la revue Archives of Sexual Behavior le confirment.

D'après ces recherches, la pénétration assistée fait une réelle différence. Les femmes pour qui l'orgasme est régulier reçoivent plus souvent des cunnilingus, osent demander ce qu'elles aiment… et pratiquent la stimulation du clitoris pendant la pénétration.

De quoi motiver les plus hésitantes. Si la pénétration assistée l'emporte de si loin, c'est avant tout pour des raisons d'anatomie. "Le clitoris ne se limite pas à sa partie extérieure, rappelle le Dr Esturgie. Il a des prolongations importantes à l'intérieur du vagin, sur la face supérieure et les faces latérales."

La fin de l'orgasme vaginal

Sans surprise, les mouvements de va-et-vient du pénis de votre partenaire – ou d'un jouet assimilable – stimulent ces piliers (ou corps caverneux). "Si on excite la partie externe en même temps, c'est encore mieux", conclut le sexologue girondin.

Au passage, ces recherches abolissent la distinction entre plaisir vaginal et clitoridien. "Même dans le vagin, c'est la partie interne du clitoris qui est sensible. Le vagin, lui, est peu innervé", souligne Claude Esturgie.

Ce sexologue plaide en faveur d'une nouvelle catégorisation. "La différence, c'est qu'il peut se produire un orgasme de décharge, dû à la stimulation, et qui reste superficiel, détaille-t-il. Les orgasmes plus profonds, eux, mettent en jeu des spasmes au niveau du pelvis et du petit bassin." La pénétration assistée permettrait d'atteindre plus facilement ces derniers.

"Les femmes se font jouir toutes seules"

Le problème, c'est que les Françaises ont du mal à s'y mettre. A peine un tiers des femmes reçoivent des caresses du clitoris pendant la pénétration, selon un sondage Ifop pour le site CAM4, réalisé en 2015. Et ce alors que les trois quarts d'entre elles parviennent "assez facilement" au septième ciel grâce à ce geste !

Les sondeurs y voient le reflet d'une "sexualité de couple encore trop phallocentrée : les pratiques sexuelles réalisées le plus fréquemment n'étant pas celles qui favorisent le plus l'orgasme féminin."

"Certains hommes n'apprécient pas que leur partenaire le fasse, parce qu'ils pensent qu'elle se fait jouir toute seule, abonde le Dr Esturgie. Mais je pense, de toute façon, que les femmes se font toujours jouir toutes seules, sourit le sexologue. La jouissance est, en un sens, assez personnelle."

Quand on sait qu'une Française sur deux a "assez régulièrement" du mal à atteindre l'orgasme, un effort pourrait être le bienvenu de la part des mâles. Après tout, il faut être deux pour prendre son pied.