Nouveau coronavirus en Afrique : ce que l'on sait sur ce virus capable de franchir la barrière des espèces

Publié par Freya Yophy
le 28/04/2026
chauve souris
Istock
Photo d'illustration
Un nouveau coronavirus identifié chez des chauves-souris au Kenya, le CcCoV-KY43, suscite l'intérêt de la communauté médicale par sa capacité inédite à utiliser le récepteur humain CEACAM6.

Publiée en avril 2026 dans la revue scientifique Nature, cette découverte inattendue met en lumière un membre méconnu de la famille des alphacoronavirus. Contrairement aux bétacoronavirus plus documentés, ce pathogène africain modifie profondément notre approche des menaces zoonotiques et appelle à une vigilance épidémiologique accrue pour anticiper d'éventuelles propagations.

Découverte du CcCoV-KY43 au Kenya

Des chercheurs issus du Pirbright Institute et de l'Université de Cambridge ont identifié ce virus chez la chauve-souris "nez-en-cœur" en Afrique de l’Est. Les équipes scientifiques ont directement analysé les séquences génétiques issues de la base Genbank et conçu des pseudovirus inoffensifs pour tester la capacité d’infection. Cette méthode de recherche innovante élimine totalement les risques de fuite accidentelle en laboratoire, garantissant une sécurité maximale pour le public.

La protéine CEACAM6 contourne nos défenses

Le CcCoV-KY43 délaisse le récepteur ACE2, la porte d'entrée classique du SARS-CoV-2. Il cible spécifiquement la glycoprotéine CEACAM6, omniprésente dans les tissus pulmonaires et l'intestin. Les biologistes connaissent bien ce récepteur, habituellement identifié en médecine comme un marqueur tumoral pour les cancers du pancréas ou du poumon

La protéine de surface de ce virus a évolué pour s'adapter parfaitement à cette molécule humaine sans contact préalable, constituant un mimétisme biologique redoutable pour tromper l'organisme.

Quels sont les véritables risques d'infection ?

Les virologues écartent l'idée d'une menace pandémique imminente. Le Dr Stephen Graham précise d'ailleurs que "ce virus n'est pas le nouveau SARS-CoV-2". Pénétrer dans une cellule humaine ne donne pas automatiquement au virus la force de s'y répliquer ou de déclencher une contagion entre individus. 

De plus, les tests sérologiques menés dans la région de Taveta au Kenya confirment l'absence de transmission passée chez les habitants. Le Dr Gérald Kierzek recommande néanmoins de cartographier les zones à risque et d'instaurer une veille épidémiologique stricte.

Anticiper pour prévenir une future pandémie

Détecter les capacités d'un agent infectieux avant son émergence chez l'humain représente une véritable révolution médicale. Identifier précisément la porte d'entrée CEACAM6 autorise les laboratoires pharmaceutiques à concevoir des stratégies de défense en amont. 

Cette approche proactive ouvre la voie à la création rapide de nouveaux antiviraux à large spectre capables de neutraliser cette voie d'accès spécifique. La solidarité scientifique internationale prouve ici son efficacité pour protéger la santé publique face aux futures émergences virales.

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