Cancer du poumon : la protéine Spike du Covid-19 est-elle un nouveau facteur de risque ?

Publié par Freya Yophy
le 13/04/2026
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Une récente étude scientifique révèle comment la protéine Spike du virus de la Covid-19 modifie durablement l'environnement pulmonaire, augmentant le risque de cancer chez les populations vulnérables.

L'infection au SARS-CoV-2 laisse des traces profondes dans l'organisme, bien après la disparition des symptômes aigus. Les scientifiques explorent désormais l'impact de ces séquelles sur le développement de pathologies lourdes. Les dernières découvertes pointent vers une fragilisation des poumons propice à l'apparition de cellules malignes.

Protéine Spike et TYMP en synergie

Le virus s'accroche aux cellules humaines grâce à son enveloppe, mais son action va plus loin. Des chercheurs ont identifié une interaction directe entre la protéine virale et la protéine humaine TYMP (thymidine phosphorylase). Cette rencontre biochimique stimule la voie de signalisation STAT3, un mécanisme connu pour favoriser l'inflammation chronique. Les tissus pulmonaires se retrouvent reprogrammés, offrant un terrain idéal pour l'émergence de mutations.

De la lésion pulmonaire à la tumeur

Une infection respiratoire sévère laisse souvent des cicatrices sous forme de fibrose interstitielle. Ce remodelage physique s'accompagne d'un bouleversement immunitaire local. L'environnement passe d'un profil protecteur à un espace dominé par des cellules myéloïdes qui facilitent la croissance tumorale. La protéine Spike perturbe également le récepteur ACE2, ce qui entraîne un renouvellement cellulaire anormal et accroît les probabilités d'erreurs génétiques lors de la réparation de l'ADN.

Les fumeurs face au risque décuplé

L'analyse des dossiers de plus de 166 000 patients montre une augmentation relative du risque de cancer du poumon de 22 % chez les rescapés du Covid-19. Cette vulnérabilité explose chez les consommateurs de tabac

Les poumons déjà abîmés par la cigarette réagissent plus violemment à l'interaction moléculaire du virus. Cette synergie néfaste engendre un risque multiplié par 1,50 pour les fumeurs et anciens fumeurs ayant contracté la maladie.

Faut-il repenser le dépistage ?

Ces résultats posent la question de la reconnaissance du SARS-CoV-2 comme facteur de risque environnemental. La communauté médicale envisage un suivi par scanner beaucoup plus strict pour les patients ayant développé une forme respiratoire grave. Parallèlement, la science explore de nouvelles voies de traitement. 

L'utilisation d'inhibiteurs de TYMP, comme le Tipiracil, pourrait freiner l'inflammation et protéger les poumons agressés. En laboratoire, bloquer cette protéine a permis de réduire la formation de tumeurs de 50 % à 18 %.

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