Nerfs du clitoris : une carte en 3D révèle le trajet de ses nerfs

Publié par Freya Yophy
le 23/09/2026
clitoris
Istock
Photo d'illustration
Grâce à une imagerie de haute précision, des chercheurs dévoilent l’organisation de nerfs clitoridiens. Une avancée anatomique prometteuse, dont les applications médicales restent à confirmer.

L’équipe de Ju Young Lee, à Amsterdam UMC, a étudié les tissus pelviens de deux donatrices âgées de 59 et 69 ans, avec des collaborateurs de l’University College de Londres et du synchrotron européen de Grenoble.

La technique employée, appelée tomographie hiérarchique à contraste de phase ou HiP-CT, utilise les rayons X produits par le synchrotron. Elle permet d’explorer des organes en trois dimensions, puis de zoomer sur certaines régions jusqu’à une échelle micrométrique.

Son intérêt consiste à conserver les relations spatiales entre les structures. Là où une coupe microscopique montre une fine tranche de tissu, cette approche permet de suivre des trajets dans leur continuité. Il s’agit toutefois d’un outil de recherche sur des prélèvements, et non d’un examen proposé en consultation.

Cinq troncs nerveux identifiés dans le gland

Les chercheurs décrivent cinq troncs nerveux dans le gland clitoridien, avec des ramifications vers sa surface. Dans les spécimens examinés, les branches gauches et droites ne traversaient pas la ligne médiane.

Des prolongements ont également été observés vers le capuchon clitoridien et le mont du pubis. Ces observations ne suffisent cependant pas à établir une organisation identique chez toutes les personnes.

Plus de 10 000 fibres : un chiffre à bien comprendre

Ces images complètent d’autres recherches sur l’innervation du clitoris. En 2022, une équipe de l’Oregon Health & Science University avait estimé à plus de 10 000 le nombre de fibres nerveuses des deux nerfs dorsaux clitoridiens.

Cette estimation reposait sur des prélèvements provenant de sept adultes transmasculins ayant accepté de participer à la recherche à l’occasion d’une chirurgie d’affirmation de genre.

Il ne s’agit donc pas du décompte de 10 000 terminaisons toutes localisées à la surface du gland. Une fibre nerveuse, un faisceau et une terminaison sensorielle ne désignent pas la même structure. Cette distinction évite de réduire la compréhension du plaisir sexuel à un chiffre spectaculaire.

Des perspectives pour la chirurgie, sans garantie de récupération

Les auteurs envisagent des applications pour mieux préserver les nerfs lors d’interventions génitales, notamment reconstructrices. Mais cette cartographie ne prouve pas encore qu’elle diminue les complications ou restaure la sensibilité.

L’enjeu concerne notamment les personnes ayant subi des mutilations génitales féminines. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 230 millions de filles et de femmes vivent avec les conséquences de ces pratiques.

Leur accompagnement ne se résume pas à une intervention. Les recommandations de l’OMS intègrent les soins physiques, la santé mentale et l’accompagnement en santé sexuelle. Une reconstruction clitoridienne peut être envisagée chez certaines patientes, après une évaluation individualisée et une information sur les bénéfices possibles comme sur les risques.

Une étape de recherche, pas une cartographie définitive

L’étude ne porte que sur deux donatrices ménopausées et n’explore pas l’ensemble du système nerveux autonome. D’autres travaux seront nécessaires pour décrire les variations anatomiques et évaluer les applications cliniques.

Mieux connaître les structures est une étape importante. Cela ne permet pas, à elle seule, de prédire les sensations, l’orgasme ou les résultats d’une opération.

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