La musique comme la drogue ?

Des scientifiques ont étudié de très près les réactions de notre cerveau lorsque nous écoutons de la musique qui nous plaît. Résultat : le circuit de la récompense, qui est à l'origine de toutes les dépendances, est impliqué dans notre réponse à la musique…

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Dopamine, drogue, plaisir et musique

En fait ce que les scientifiques ont découvert, c'est que le plaisir que nous procure la musique entraîne la libération dans le cerveau de dopamine. Ce neurotransmetteur est la clé du circuit de la récompense, un élément sur lequel il convient de s'arrêter un moment.

Lorsque nous effectuons des activités nécessaires à notre survie et à la reproduction de l'espèce, nous connaissons en général un plaisir intense, associé à la libération dans le cerveau de la fameuse dopamine. C'est le cas pour le sexe, la nourriture, etc. Les humains ont ceci de particulier que des stimuli moins tangibles – le fait de recevoir de l'argent, ou d'avoir une émotion esthétique sont deux exemples bien documentés – peuvent aussi entrainer la libération de dopamine. Par ailleurs, certaines drogues psychoactives (les opiacées comme l'héroïne ou l'opium notamment) vont agir sur ce système de la récompense, entrainant artificiellement ce même plaisir intense. La recherche a donc maintenant prouvé que la musique active elle aussi le circuit de la dopamine. Ce qui explique que nous puissions ressentir après avoir écouté certains morceaux une véritable euphorie… et que nous pouvons aussi avoir envie d'écouter un morceau au point d'en ressentir un "manque".

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La musique, contre les mauvaises habitudes ?

Pour les chercheurs, cette découverte explique que la musique ait toujours joué un rôle important dans les sociétés humaines. Plus près de nous, reconnaître à sa juste valeur le plaisir que nous apporte la musique est utile. En effet, le circuit de la récompense est impliqué dans toutes les dépendances, mais aussi dans l'envie de manger. Ecouter un morceau favori est donc un moyen non calorique de se faire un plaisir au moins équivalent à manger un chocolat. Profitez-en !

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Vendredi 21 Janvier 2011 : 12h12
Mis à jour le Lundi 24 Janvier 2011 : 19h01
Source : Salimpoor, V.N. et al., Nature neuroscience, janvier 2011