Mort de Mathilde Favier et Nicolas Altmayer à Airvault : l'enquête face à deux versions opposées
Le 17 août dernier, un choc frontal d'une rare violence sur la route a brisé le destin de deux personnalités influentes du cinéma et de la mode. Si les premières constatations de la gendarmerie penchent pour une erreur d'appréciation du chauffeur routier, la justice doit désormais composer avec un témoignage contradictoire.
Le placement sous contrôle judiciaire du conducteur invite les enquêteurs à redoubler de vigilance pour retracer la chronologie exacte des faits.
Retour sur le drame de la départementale 938
Le drame se noue vers 16h00 sur la route départementale 938, à hauteur de la commune d'Airvault dans les Deux-Sèvres. Le couple se trouve à bord d'une Austin Mini lorsque leur véhicule heurte de plein fouet un poids lourd circulant en sens inverse sur une portion où la chaussée se divise.
L'impact ne laisse aucune chance aux occupants. Les secours constatent le décès immédiat de Nicolas Altmayer, 61 ans, célèbre producteur de la saga OSS 117 qui venait de terminer le film Monsieur Aznavour. Sa compagne, Mathilde Favier, âgée de 57 ans et figure emblématique de la communication de Dior depuis 15 ans, perd également la vie sur le coup.
Ouverture d'une procédure pour homicide involontaire
Face à la gravité de l'accident, le parquet de Niort engage rapidement des poursuites. Une information judiciaire pour homicide involontaire est officiellement ouverte le mercredi 19 août. Les autorités placent en garde à vue le conducteur du camion, un ressortissant indien de 32 ans sous contrat avec une entreprise lituanienne.
Après 48 heures d'audition, le juge décide de le placer sous un strict contrôle judiciaire. Les examens toxicologiques apportent un éclairage important : le parquet souligne la "négativité absolue" des tests d'alcool et de stupéfiants, écartant la piste d'une altération des réflexes liée à des substances.
Deux hypothèses s'affrontent sur la route
Le dossier repose aujourd'hui sur un désaccord majeur concernant la dynamique de la collision. Le vice-procureur Nicolas Leclainche s'appuie sur les relevés initiaux pour évoquer une embardée du poids lourd. Le camion aurait franchi la ligne continue pour venir percuter la voiture sur son flanc gauche.
L'extraction des données du tachygraphe démontre pourtant que le véhicule lourd respectait une vitesse de croisière réglementaire jusqu'au moment du choc. Lors de sa déposition, le chauffeur conteste vigoureusement le scénario du parquet. Il affirme au contraire que la voiture des victimes a soudainement dévié de sa voie pour terminer sa course sous la cabine de son camion.
Déploiement d'une coopération judiciaire européenne
Pour établir la vérité matérielle, la justice étend ses investigations hors de nos frontières. L'immatriculation du transporteur impose une coopération directe avec la Lituanie afin d'examiner l'historique d'entretien du camion et le respect rigoureux des temps de repos du salarié. La manifestation de la vérité passera par plusieurs vérifications méthodiques :
- L'intervention d'experts en mécanique pour déceler une éventuelle défaillance technique insoupçonnée sur les véhicules.
- La confrontation minutieuse des témoignages des autres automobilistes présents au moment de l'impact.
- L'analyse poussée des traces sur la chaussée pour valider sans équivoque la trajectoire de chaque partie.