Migraine : 3 alternatives naturelles validées par la science pour réduire vos crises

Publié par Freya Yophy
le 12/08/2026
migraine
New Planet Media
Magnésium, vitamine B2 et grande camomille sont souvent proposés pour prévenir les migraines. Leur efficacité diffère cependant et leur utilisation exige certaines précautions.

Les douleurs pulsatiles, les nausées et l’hypersensibilité à la lumière rendent le quotidien des personnes migraineuses particulièrement difficile. Lorsque les traitements de crise deviennent moins efficaces ou provoquent des effets indésirables, il ne faut pas les interrompre seul. Cette évolution doit conduire à consulter afin d’adapter la prise en charge et d’écarter une céphalée liée à une consommation excessive de médicaments.

Certains compléments peuvent néanmoins être envisagés avec un professionnel de santé dans le cadre d’une stratégie préventive. Une méta-analyse publiée en ligne en octobre 2024, puis dans l’édition 2025 de la revue Neurological Sciences, a étudié plusieurs substances, dont le magnésium et la riboflavine.

Le magnésium peut réduire la fréquence des crises

Le magnésium intervient dans la transmission nerveuse et dans la régulation des récepteurs NMDA du glutamate. Ces mécanismes pourraient limiter l’hyperexcitabilité neuronale impliquée dans la migraine et dans le phénomène de dépression corticale associé à l’aura.

La méta-analyse, qui rassemble 22 essais portant sur différents compléments alimentaires, conclut que le magnésium est associé à une diminution moyenne de 2,51 crises et de 1,66 jour de migraine par mois par rapport aux groupes témoins. Ces résultats encourageants doivent toutefois être interprétés avec prudence : les études utilisent des formulations, des doses et des populations différentes.

Des doses comprises entre 400 et 600 mg de magnésium élément par jour sont parfois étudiées en prévention. Elles dépassent cependant le seuil habituellement considéré comme tolérable en automédication. Elles peuvent provoquer des diarrhées, des nausées ou des crampes abdominales.

Le citrate est fréquemment utilisé dans les études. Le bisglycinate peut être mieux toléré par certaines personnes, mais sa supériorité contre la migraine n’est pas démontrée.

La vitamine B2 soutient le métabolisme cérébral

La riboflavine, ou vitamine B2, participe au fonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules. Une altération du métabolisme énergétique cérébral est en effet soupçonnée chez certains patients migraineux.

Dans la même méta-analyse, la riboflavine est associée à une diminution moyenne de 1,34 crise par mois. Plusieurs travaux ont étudié une dose de 400 mg par jour, généralement pendant au moins trois mois. Les données disponibles restent toutefois issues d’essais relativement petits et ne permettent pas de prévoir la réponse de chaque patient.

La riboflavine est habituellement bien tolérée. Elle peut donner aux urines une couleur jaune très vive en raison de l’élimination de son pigment. Ce phénomène est généralement sans gravité, mais ne prouve pas que le traitement sera efficace.

La grande camomille présente des résultats plus incertains

La grande camomille, ou Tanacetum parthenium, contient notamment du parthénolide. Plusieurs mécanismes anti-inflammatoires et une action possible sur les voies trigémino-vasculaires ont été avancés, sans que son mode d’action soit entièrement établi.

Certaines études suggèrent une légère diminution de la fréquence des migraines et des symptômes associés, notamment les nausées. Toutefois, les essais sont de petite taille et utilisent des extraits très différents. Le National Center for Complementary and Integrative Health considère ainsi que les résultats restent mitigés.

L’Agence européenne des médicaments reconnaît son emploi dans la prévention de la migraine sur la base de son usage traditionnel, après qu’un médecin a écarté une cause plus grave. Cette plante ne doit donc pas être présentée comme un traitement à l’efficacité solidement démontrée.

Comment évaluer une supplémentation préventive ?

Ces compléments ne soulagent pas une crise déjà installée et ne remplacent ni les triptans ni un traitement de fond prescrit. Leur intérêt doit être évalué sur une période suffisamment longue, généralement de deux à trois mois, à l’aide d’un calendrier indiquant :

  • le nombre de jours migraineux ;
  • la durée et l’intensité des crises ;
  • les médicaments consommés ;
  • les éventuels effets indésirables.

Il est préférable de ne pas commencer simultanément plusieurs produits. Une introduction séparée permet de déterminer plus facilement lequel apporte un bénéfice ou provoque un effet secondaire.

Les précautions indispensables

Un avis médical ou pharmaceutique est nécessaire avant toute supplémentation fortement dosée.

  • Le magnésium doit être utilisé avec une vigilance particulière en cas d’insuffisance rénale. Il peut également diminuer l’absorption de certains antibiotiques et médicaments contre l’ostéoporose.
  • La grande camomille est déconseillée pendant la grossesse, car elle pourrait modifier les contractions utérines.
  • Elle peut ralentir la coagulation et doit être évitée sans avis médical avec des anticoagulants, des antiagrégants ou avant une opération.
  • Les personnes allergiques à l’ambroisie, aux chrysanthèmes ou aux plantes apparentées peuvent également réagir à la grande camomille.

Enfin, consultez si vos crises deviennent plus fréquentes ou plus intenses, si votre traitement habituel ne fonctionne plus ou si vous prenez un médicament de crise plusieurs jours par mois. Une consommation trop répétée peut entretenir elle-même les maux de tête.

Sources externes

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