Ménopause, traitement hormonal substitutif et démence : un lien à établir

La femme a plus de risque que l'homme de développer une démence. Une des explications proposées à cette réalité statistique est le rôle joué par les hormones féminines, en particulier les oestrogènes. Plusieurs études ont suggéré que le traitement hormonal substitutif (TSH) institué lors de la ménopause pouvait réduire ce risque. Pourtant, malgré l'intérêt que cette question suscite chez les cliniciens, on reste encore aujourd'hui bien loin des certitudes.
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Durée et qualité de la vie reproductive : quels effets sur le risque de démence ?

Une grande étude menée aux Pays-Bas, la « Rotterdam Study », a suivi 3.601 femmes âgées de plus de 55 ans pendant environ 6 ans. Durant cette période, 199 d'entre elles ont développé une démence et 159 une maladie d'Alzheimer. Indépendamment de l'âge, l'analyse des différents facteurs (âge des premières règles, de la ménopause, fertilité) n'a pas permis de conclure qu'une vie reproductive plus longue diminue le risque de démence chez les femmes ayant eu une ménopause naturelle. Ce qui signifie que l'action « protectrice » des œstrogènes n'a pu être établi.

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Le rôle du traitement hormonal substitutif : l'incertitude domine quant à son action préventive

Une hypothèse suggère que les femmes ménopausées suivant le Traitement Hormonal Substitutif (THS) ont un risque de démence inférieur aux femmes non traitées. En d'autres termes, compenser par le THS les hormones qui ne sont plus fabriquées après la ménopause, pourrait prévenir le déclin des fonctions intellectuelles. Les nombreuses études conduites sur ce sujet prônent effectivement une certaine efficacité. Malheureusement leurs conclusions sont difficilement comparables, compte tenu d'une trop grande diversité méthodologique. De plus, le THS est de composition variable: il existe plusieurs dosages possibles de différents types d'oestrogènes, que l'on utilise sur des périodes différentes, sans compter qu'on y associe des progestatifs …

Ce manque de données homogènes force la prudence, même si l'hypothèse est encourageante: les femmes traitées par THS ont un risque moindre de fracture ostéoporotique, auquel pourrait s'ajouter une diminution du risque de démence !

Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Vendredi 27 Avril 2001 : 02h00
Source : Geerlings MI et al. JAMA 2001 : 285 : 1475-1481 et 2- LeBlanc ES et al. JAMA 2001 ; 285 : 1489-1499.