Ménopause et périménopause : les premiers enseignements de l'étude Climatère

Publié par Freya Yophy
le 16/10/2026
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Fatigue, nuits perturbées, difficultés dans la vie intime… Les symptômes de la ménopause dépassent largement les bouffées de chaleur. Portée par l’hôpital Foch, l’étude Climatère veut suivre 100 000 femmes pour mieux comprendre leurs besoins, y compris avant l’arrêt des règles

Une mauvaise nuit, puis une autre. Des cycles qui deviennent imprévisibles, une fatigue inhabituelle ou des rapports sexuels douloureux. À l’approche de la ménopause, ces difficultés peuvent s’installer sans que les femmes sachent toujours à qui en parler.

Remis en lumière à l’occasion des Assises de la ménopause, le projet Climatère entend mieux documenter cette réalité. Son ambition : comprendre comment la transition hormonale affecte la santé, mais aussi la vie familiale et professionnelle.

Un objectif de 100 000 femmes suivies pendant dix ans

Lancé en mars 2025 par l’Institut de la santé de la femme et de la fertilité de l’hôpital Foch, le programme est porté notamment par le Pr Jean-Marc Ayoubi et le Dr Alexandre Vallée.

Les 100 000 participantes constituent un objectif de recrutement, et non un effectif déjà suivi. Le projet prévoit de recueillir leurs réponses à des questionnaires numériques réguliers pendant au moins dix ans. Symptômes, habitudes de vie, traitements, santé psychologique et situation professionnelle font partie des dimensions étudiées.

L’intérêt de ce suivi prolongé est de ne pas photographier uniquement la ménopause à un instant donné. Les chercheurs souhaitent observer les trajectoires des femmes, avant, pendant et après cette transition.

Une qualité de vie parfois fortement perturbée

Dans un premier bilan publié par Foch, portant sur 6 000 participantes, 49 % rapportaient une altération importante de leur qualité de vie, dont 13 % une altération qualifiée d’extrême.

Ces chiffres éclairent le vécu des répondantes, mais ne peuvent pas être automatiquement étendus à l’ensemble des Françaises. Les participantes sont volontaires : les femmes particulièrement concernées par les symptômes peuvent être davantage incitées à rejoindre l’étude.

Ces résultats soulignent néanmoins un besoin concret : laisser davantage de place, en consultation, aux difficultés du quotidien, au-delà des seules bouffées de chaleur.

Les symptômes peuvent commencer avant l’arrêt des règles

La ménopause est habituellement confirmée après douze mois consécutifs sans règles, en l’absence d’autre cause. Mais les changements peuvent apparaître plusieurs années auparavant, pendant la périménopause.

Les variations hormonales peuvent alors s’accompagner de cycles irréguliers, de sueurs nocturnes, de changements d’humeur ou de troubles du sommeil. Leur durée et leur intensité varient considérablement d’une femme à l’autre.

Il n’est donc pas nécessaire d’attendre la disparition des règles pour consulter. À l’inverse, une fatigue persistante ou des insomnies ne doivent pas être systématiquement attribuées aux hormones : d’autres causes peuvent nécessiter une exploration.

Préparer une consultation qui aborde aussi la vie intime

Avant un rendez-vous, noter pendant quelques semaines les symptômes, leur fréquence et leurs conséquences peut faciliter les échanges. Réveils nocturnes, difficultés de concentration, gêne au travail : ces informations aident le professionnel à comprendre ce qui pèse réellement.

Les sécheresses vaginales et autres troubles intimes méritent également d’être abordés. Ils ne sont ni une fatalité ni un sujet secondaire. Un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme peut proposer une première évaluation et orienter la prise en charge.

Des solutions adaptées à chaque situation

Le traitement hormonal de la ménopause n’est ni indispensable pour toutes les femmes ni adapté à toutes les situations. Il peut être envisagé pour des symptômes gênants, après discussion des bénéfices, des risques et des éventuelles contre-indications. Son intérêt doit ensuite être réévalué régulièrement.

Des traitements locaux peuvent soulager certains troubles intimes. L’activité physique, les habitudes de sommeil et une alimentation adaptée participent également à la prise en charge.

Cette période est enfin l’occasion de faire le point sur les facteurs de risque cardiovasculaire et sur le risque d’ostéoporose, selon les antécédents de chacune. L’objectif n’est pas de médicaliser systématiquement une étape naturelle, mais de ne plus laisser les symptômes invalidants sans réponse.

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