Malgré le mercure ou la dioxine, le poisson reste bon en prévention de l'infarctus

Publié le 06 Novembre 2006 par Dr Philippe Presles
Il s'agit presque d'un feuilleton scientifique : les poissons sont-ils bons ou dangereux pour la santé ? Leur contamination par le mercure ou la dioxine est-elle trop nocive pour leur consommation ? Un bilan de toutes les études disponibles permet d'être rassuré : on peut consommer tous les poissons et c'est toujours bon contre l'infarctus du myocarde.
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Le mercure contenu dans le poisson augmente-t-il le risque d'infarctus ?

Une étude européenne avait tiré la sonnette d'alarme en 2002 : l'exposition au mercure contenu dans les poissons était potentiellement dangereuse pour la santé et augmentait le risque de faire un infarctus du myocarde. Il convenait donc de bien choisir son poisson.

Privilégier le saumon, le maquereau, la sole, le lieu...

Plus récemment, en juin 2006, une recommandation de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) demandait aux femmes enceintes d'éviter la consommation de certains poissons gros prédateurs (espadon, marlin et siki -famille des requins), voire de prédateurs « intermédiaires » (thon, anguille, sabre, daurade, baudroie, raie, rouget barbet, roussette et saumonette, grenadier, Empereur, Cardine, Sébasten, Emissole et aiguillat).

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En effet, les prédateurs accumulent plus de mercure et de dioxine que les autres, car ils totalisent les toxiques de tous les poissons qu'ils mangent eux-mêmes. L'Afssa conseillait aux femmes enceintes et allaitantes de privilégier la consommation des autres poissons (saumon, maquereau, sole, lieu, etc.).

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Limiter l'espadon et la famille des requins

En octobre 2006, un bilan de toutes les études disponibles permet de mieux s'y retrouver encore. Les auteurs concluent que l'on peut manger de tous les poissons, idéalement deux fois par semaine ou davantage, et que cela est excellent en prévention de l'infarctus du myocarde. Les effets potentiels du mercure et de la dioxine sont insuffisants pour contrebalancer l'effet positif des acides gras oméga 3 dont les poissons sont riches. Les seuls poissons dont le taux de mercure est trop élevé sont les espadons et les requins, à consommer de manière plus occasionnelle.

Les recommandations de l'Afssa restent donc valables pour les femmes enceintes ou allaitantes qui doivent les éviter et varier leurs choix de poisson le plus possible. Quant aux autres, qu'ils ne considèrent dans les poissons que les bons oméga 3 et ferment les yeux sur les toxiques. C'est le bénéfice coeur qui sera le plus fort. Manger souvent du poisson est d'autant plus important que les effets bénéfiques se retrouvent également en prévention des cancers et de la maladie d'Alzheimer.

Mots-clés : Poisson
Source : Dariush Mozaffarian et al. Fish Intake, Contaminants, and Human Health. Evaluating the Risks and the Benefits. JAMA, October 18, 2006—Vol 296, No. 15.