Maladie cardiovasculaires : une femme sur quatre pense qu’elles ne touchent que les hommes

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En matière de santé cardiovasculaire, les femmes sont encore à la traîne par rapport aux hommes. Moins conscientes des risques qui les concernent, elles tardent aussi plus à se faire soigner.

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Les femmes, épargnées par les maladies cardiovasculaires ? Cette idée fausse recule lentement mais sûrement en France. D'après un sondage Ifop réalisé pour la Fédération française de cardiologie, les trois quarts des Françaises savent qu'elles sont aussi concernées par ces pathologies qui touchent le cœur et le système vasculaire.

Mais à l'occasion d'un colloque, organisé ce 8 mars à l'Académie nationale de médecine, la société savante a souligné à quel point les femmes restaient défavorisées en matière de santé cardiovasculaire. Et notamment sur le plan de l'information.

"Les maladies cardiovasculaires sont ignorées ou sous-estimées par les femmes, a déploré le Pr André Vacheron, président honoraire de l'Académie nationale de médecine. Et ce alors que l'infarctus du myocarde tue beaucoup plus que le cancer du sein." Une donnée effrayante qu'ignore une sondée sur deux.

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La ménopause est une période à risque

Résultat direct de cette méconnaissance, les femmes minimisent leur risque cardiovasculaire. Ainsi, une sur cinq ne sait pas que les Françaises de moins de 50 ans sont de plus en plus touchées par l'infarctus du myocarde. Le taux annuel d'hospitalisations a pourtant augmenté de 5 % par an entre 2008 et 2013.

Même lorsque l'augmentation du risque est manifeste, les femmes se sentent épargnées. Par exemple, la ménopause est une période qui doit occasionner une surveillance accrue. En effet, la protection des hormones sexuelles féminines s'estompe.

La fin des cycles menstruels devrait donc faire l'objet d'un bilan cardiaque et vasculaire systématique. Ce qui n'est pas assez fait, comme l'a souligné le Pr Vacheron. Un oubli qui revient en partie aux femmes : 44 % estiment que la ménopause n'a pas d'impact sur leur santé cardiovasculaire.

Mais les professionnel.le.s de santé peuvent eux aussi faire mieux. La moitié des Françaises n'ont jamais parlé de leur santé cardiovasculaire avec leur médecin généraliste. Et trois quarts ne l'ont pas fait non plus avec leur gynécologue. "Les femmes sont les grandes oubliées de la prévention cardiovasculaire", a lâché André Vacheron en guise de bilan.

Les symptômes digestifs restent ignorés

Ce défaut d'information a des répercussions très concrètes sur la santé des Françaises. Dans le cas de l'infarctus, elles mettent une heure de plus que les hommes à appeler le SAMU. Et ce retard dans la prise en charge dégrade considérablement leurs chances de survie.

Cela s'explique en partie par les symptômes de la crise cardiaque, qui varient fortement selon le sexe. La douleur au thorax, irradiant dans le bras gauche, par exemple, ne se manifeste que chez une femme sur deux. Pourtant, 91 % des concernées l'identifient comme un symptôme.

Elles sont moins nombreuses à citer correctement l'essoufflement et les palpitations à l'effort, ainsi qu'une fatigue persistante, comme les signes possible d'un infarctus. La proportion de bonnes réponses augmente toutefois par rapport aux enquêtes précédentes.

C'est surtout sur les symptômes digestifs qu'un réel progrès est nécessaire. Seulement un tiers des personnes interrogées estiment que des troubles digestifs, une nausée ou des vomissements peuvent révéler une crise cardiaque.

Mais même après l'infarctus, la prise en charge souffre d'importantes inégalités, dénonce la Fédération française de cardiologie. Une femme sur cinq seulement bénéficie de la réadaptation cardiaque, qui permet de limiter les séquelles à long terme. Les hommes, eux, sont un tiers à se la voir prescrire.

Publié le 09 Mars 2018
Auteurs : Audrey Vaugrente, journaliste santé
Source : Communiqué de presse de la Fédération française de cardiologie
Observatoire du cœur des Français
Santé publique France 
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