Lupus : les progrès dans le traitement de cette maladie auto-immune
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Comment traite-t-on le lupus aujourd’hui ?

Les médicaments contre le lupus ne sont pas nombreux.

  • La cortisone est un médicament très efficace, mais toxique si on l’utilise trop longtemps et à fortes doses. On l’emploi donc au mieux, à la plus faible dose efficace et le moins longtemps possible.
  • Les immunomodulateurs sont très utiles et tout lupus, quel qu’il soit, et a fortiori s’il est cutanéo articulaire, devrait être traité par un antipaludéen de synthèse. Le Plaquénil® réduit de 50% le risque de complications de la maladie. Là encore, le grand progrès a été d’apprendre à mieux utiliser cette classe de médicaments, comme par exemple pendant la grossesse. Il faut savoir qu’autrement fois déconseillée, la grossesse est aujourd’hui parfaitement maitrisée chez les patients lupiques.
  • Les immunosuppresseurs : les quatre médicaments actuellement utilisés sont le méthotrexate, l’azathioprine (Imurel®), le mycophénolate mofétil (Cellcept®) et le cyclophosphamide (Endoxan®). Ils sont plus ou moins toxiques, les plus dangereux étant réservés aux formes graves, mais ils font encore partie du traitement de référence d’un lupus actif.

De nouvelles pistes de médicaments révolutionnaires

Comme pour la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde, la recherche est très active pour identifier de nouvelles thérapies ciblées. Alors que la cortisone et les immunosuppresseurs agissent de façon très large, l’objectif est d’avoir de nouvelles molécules à action très spécifique.

À ce jour, une seule molécule a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) : le belimunab (AC monoclad anti BAFF) cité précédemment. De nombreuses autres molécules sont en évaluation, mais leur efficacité est parfois difficile à démontrer, car le lupus est une maladie polymorphe et complexe. Outre l’hypothèse que ces nouvelles molécules ne seraient pas suffisamment efficaces, les études ont pu être mal orchestrées ou inclure des populations de lupus trop diversifiées. En effet, sachant qu’il existe différentes formes de lupus, certaines molécules pourraient n’être efficaces uniquement que dans des formes cutanées, hématologiques ou articulaires. En conséquence, il serait utile de mener des essais cliniques dans des sous-populations atteintes d’un lupus cutané exclusivement par exemple. Mais, comme il s’agit d’une maladie rare, réunir un nombre suffisant de patients remplissant des critères d’inclusions très spécifiques est difficile… Plusieurs laboratoires échouent à démontrer l’efficacité des molécules théoriquement efficaces.

De nombreuses études chez l’homme sont en cours, avec plusieurs pistes intéressantes, dont celle de l’inhibition de l’interféron. Parmi les autres pistes thérapeutiques, citons la stratégie des inhibiteurs de kinase qui consiste à bloquer la signalisation intracellulaire et la stratégie des modulateurs de l’autophagie (les cellules se débarrassent naturellement de leurs déchets selon un processus appelé autophagie, lequel est anormal dans les maladies auto-immunes).

Enfin, des stratégies d’immunomodulation par les cellules souches (cellules souches mésenchymateuses) dont on connait les propriétés immunomodulatrices sont en cours d’évaluation.

Des stratégies de stimulation des lymphocytes T régulateurs par de faibles doses d’Int -2 sont aussi en test chez l’homme.

La prise en charge du lupus a fait un bond en avant impressionnant en seulement quelques années. Et des avancées considérables sont encore à venir grâce aux nouvelles thérapeutiques ciblées en cours d’expérimentation.

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Source : * Propos du Pr Jean Sibilia, Professeur des Universités – Praticien Hospitalier, chef de Service de Rhumatologie au CHU de Strasbourg, doyen de la Faculté de Médecine de Strasbourg et responsable du Centre National de Référence des Maladies Auto-Immunes Systémiques.