Leucémie, de nouvelles perspectives de traitement
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Les leucémies sont liées à une modification du patrimoine génétique

La survenue d'une leucémie, quel que soit son type, est liée à une altération brusque du patrimoine génétique de l'une des cellules souches hématopoïétiques. Cette altération peut elle-même être due à deux sortes de processus :

  • Deux chromosomes d'une cellule se rapprochent et échangent une partie de leur patrimoine génétique.

    Ce phénomène va entraîner la sécrétion d'une nouvelle protéine qui va modifier le comportement normal de la cellule.

  • Un gène, normalement silencieux, va être activé et induit la fabrication d'une protéine inhabituelle dans la cellule.

L'un ou l'autre de ces phénomènes conduit à la transformation d'une cellule souche en une cellule cancéreuse. Celle-ci va se multiplier et donner naissance à une population de cellules anormales qui va perturber la croissance des autres lignées cellulaires.

Les nouvelles voies thérapeutiques

Actuellement, le traitement des leucémies est bien codifié et repose essentiellement sur la chimiothérapie, la radiothérapie et la greffe de moelle osseuse. Les indications respectives de ces différents types de traitement sont très précises et tiennent compte notamment du type de leucémie et de l'âge du patient.

Cependant, de nombreuses inconnues persistent encore concernant ces pathologies, et une meilleure compréhension des mécanismes à l'origine de leur apparition permettra de rendre les traitements existants encore plus efficaces, d'en proposer de nouveaux et d'augmenter ainsi les taux de guérison des malades atteints.

  • L'allogreffe ou l'autogreffe

Grâce aux progrès de la recherche, les greffes de moelle osseuse peuvent aujourd'hui être effectuées chez un plus grand nombre de patients et apportent des taux de guérison de plus en plus importants. Ces greffes peuvent être effectuées à partir de donneurs apparentés (en général frère ou sœur) : il s'agit alors d'allogreffes, qui présentent cependant un risque de rejet par l'organisme du receveur. Pour éviter cette complication, le malade est soumis à un traitement immunosuppresseur, celui-ci constituant également une voie de recherche essentielle.

Au moment de la greffe, on peut aussi parfois injecter des cellules immunitaires provenant du donneur (en particulier des lymphocytes) pour favoriser l’élimination des cellules cancéreuses du patient.

Les autogreffes représentent une avancée majeure

La greffe à un patient de sa propre moelle osseuse, préalablement traité ou en « rémission », permet d'éviter le risque de rejet.

L'autogreffe de cellules souches sanguines

Par ailleurs, les chercheurs ont constaté que les cellules souches sanguines n'étaient pas seulement présentes au niveau de la moelle osseuse, mais également dans le sang, après une chimiothérapie par exemple. Ces cellules peuvent alors y être prélevées par une technique appelée cytaphérèse. On réalise ainsi désormais des autogreffes de cellules souches sanguines, plus faciles à réaliser que les autogreffes de moelle osseuse.

Les cellules sanguines fœtales

Une autre voie actuellement évaluée est celle qui concerne les greffes de cellules sanguines fœtales. Celles-ci sont facilement prélevées à partir des cordons ombilicaux et des placentas, normalement détruits après les accouchements, et sont congelées dans l'azote liquide jusqu'à leur transplantation dans l'organisme du patient. Le sang fœtal est intéressant à double titre : il est riche en cellules souches sanguines et celles-ci sont peu agressives sur le plan immunitaire. Jusqu'à présent, quelques dizaines d'opérations de ce type ont été effectuées avec succès.

Les injections de lymphocytes manipulés

Une équipe française a mis au point un nouveau traitement reposant sur l'injection de lymphocytes préalablement manipulés (la fraction T-régulateurs des lymphocytes est éliminée car impliquée dans l’inhibition de l'activité anticancéreuse des autres lymphocytes). L’objectif est d’augmenter leur activité anticancéreuse.

De nombreux autres essais de thérapie cellulaire sont en cours et les résultats déjà très encourageants.

  • Une nouvelle voie pour l'arsenic

De nouveaux médicaments sont également à l'étude. Citons en particulier l'arsenic, bien connu comme poison, qui pourrait devenir un véritable traitement antileucémique. En effet, des chercheurs ont mis en évidence l'efficacité de l'arsenic dans certaines formes de leucémies, qui agit en ciblant spécifiquement le produit d'une lésion génétique à l'origine d'un type de leucémie.

  • Un autre espoir...

La vaccination antitumorale représente actuellement un grand espoir. Son objectif est de stimuler les réponses immunitaires pour détruire ou contrôler les cellules leucémiques résiduelles, chez les patients en rémission. Des essais cliniques sont en cours et la communauté scientifique en attend les résultats avec impatience.

Vers des thérapies toujours plus ciblées : très régulièrement, de nouveaux traitements sont mis au point, comme de nouveaux anticorps, associés ou non aux chimiothérapies, visant à améliorer la prise en charge des malades.

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Source : Congrès de l'American Society of Hematology. Décembre 2000. MedExpress 2000, Hématologie, S. Choquet., Ed. Estem.