La nouvelle formule du Levothyrox contiendrait un composant caché

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D'après une étude commandée par une association de malades, le Levothyrox nouvelle formule contiendrait moins de principe actif que sa version précédente. Elle abriterait aussi un composant qui n'est pas inscrit sur la notice.

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Merck n'aurait-il pas tout révélé sur la nouvelle formule du Levothyrox® ? C'est l'accusation, sévère, que lance une association de patients ce 14 juin. Commanditaire d'une analyse sur le médicament, au cœur d'une controverse depuis plusieurs mois, l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT) en révèle les résultats sur le site de franceinfo.

La polémique court depuis mars 2017, date de la mise sur le marché d'une nouvelle formulation du Levothyrox®, indiqué dans les troubles de la thyroïde. Selon le fabricant, seul un excipient a été modifié afin d'obtenir une meilleure tolérance : le mannitol a remplacé le lactose. Mais depuis, de nombreux patients se plaignent d'effets secondaires.

Un médicament sous-dosé

En l'absence de réponse, l'AFMT a donc commandé sa propre analyse. D'après les conclusions publiées sur franceinfo, le médicament contiendrait moins de lévothyroxine (le principe actif) qu'annoncé. Un sous-dosage qui pourrait être lourd de conséquences, s'il était confirmé.

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Mais le passage à la nouvelle formule ne s'est pas traduit par un déséquilibre des dosages hormonaux, d'après l'étude menée par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), rendue publique en janvier dernier.

Dans un communiqué, l'autorité sanitaire indique que les analyses qui ont été menées n'ont pas révélé d'absence de conformité. Seules des traces de métaux ont été mises en évidence dans l'ancienne formule (aujourd'hui Euthyrox®).

Un ingrédient en plus

L'enquête commandée par l'AFMT aurait révélé un autre élément : le Levothyrox® nouvelle formule contiendrait de la dextrothyroxine, une hormone thyroïdienne de synthèse connue pour ses effets secondaires lourds. Un ajout supposé qui n'est pas indiqué sur la notice.

Sur ce point, l'ANSM ne réagit pas. Le laboratoire Merck, en revanche, se défend vivement d'avoir eu recours à cette molécule. "De nombreuses analyses ont déjà été réalisées par des autorités compétentes sans identifier la moindre non-conformité de notre produit", indique le fabricant dans un communiqué, tout en critiquant l'absence de transparence sur les méthodes d'analyse.

L'association a transmis ses résultats au pôle de santé de Marseille, dans le cadre du dossier en cours pour "tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger d'autrui". Elle demande aussi à l'ANSM de mener une étude indépendante sur les deux formules à base de lévothyroxine.

Pour rappel, plusieurs alternatives au Lévothyrox® sont aujourd'hui disponibles, à différents dosages : Euthyrox® (ancienne formule), L-Thyroxine® (Serb), L-Thyroxin Henning® (Sanofi), Thyrofix® (Uni-Pharma) et T-CAPS® (Genévrier).

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