Journée nationale du TDAH : plus de 2 millions de Français concernés
Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) gagne en visibilité, mais le parcours de soins reste complexe. Alors que les enfants bénéficient d'un dépistage de plus en plus précoce, de nombreux adultes découvrent tardivement l'origine de leurs difficultés quotidiennes. Cette journée de sensibilisation met en lumière les avancées médicales et structurelles destinées à fluidifier l'accompagnement de ce trouble neurodéveloppemental.
Comprendre la réalité du trouble
Le TDAH concerne environ 5,9 % des enfants d'âge scolaire et près de 3 % des adultes, représentant plus de 2 millions de personnes sur le territoire français. Ce trouble neurodéveloppemental repose sur trois piliers symptomatiques :
- L'inattention
- L'impulsivité
- L'hyperactivité (motrice ou psychique)
Attention, l'hyperactivité n'est pas toujours visible, particulièrement chez l'adulte. La présence fréquente de comorbidités brouille souvent les pistes lors du diagnostic initial. Les patients présentent régulièrement des troubles "dys", de l'anxiété, des problèmes de sommeil ou des conduites addictives.
Le cerveau fonctionne différemment
Les recherches en neurosciences montrent que le TDAH est associé à des différences de fonctionnement dans certaines zones cérébrales impliquées dans l'attention, la planification et le contrôle des impulsions. Les spécialistes évoquent notamment un déséquilibre dans les circuits utilisant la dopamine et la noradrénaline, deux neurotransmetteurs essentiels à la concentration et à la motivation. Le TDAH n'est donc ni un manque de volonté ni un défaut d'éducation.
Les adultes face au sous-diagnostic
Le manque de repérage frappe lourdement la population adulte. Ce phénomène touche spécifiquement les femmes, chez qui les symptômes d'inattention prédominent souvent sur l'agitation physique. Les patients errent parfois des années avant de mettre un nom sur leurs troubles.
Cette invisibilité engendre une véritable souffrance en milieu professionnel. Une enquête révèle que 46 % des actifs concernés se disent peu épanouis au travail. Une donnée scientifique explique cette fatigue : les adultes atteints de TDAH dépensent jusqu'à trois fois plus d'énergie cognitive qu'un individu neurotypique pour accomplir les mêmes tâches, favorisant les épuisements professionnels. La publication en 2026 des nouvelles recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) apportera des protocoles adaptés pour la prise en charge de ces adultes.
Au-delà des difficultés scolaires ou professionnelles, le TDAH non diagnostiqué augmente le risque d'anxiété, de dépression, de troubles du sommeil et d'accidents de la vie quotidienne. Certaines études montrent également une plus grande vulnérabilité aux addictions, notamment au tabac, à l'alcool ou aux écrans lorsque le trouble n'est pas pris en charge.
Structurer des soins accessibles
L'État pilote depuis 2025 le déploiement des Centres ressources régionaux du TDAH (CRTDAH). Ces structures organisent des filières de soins de proximité pour réduire drastiquement les délais d'attente. En parallèle, la plateforme "Autisme et TND Info Service" guide les familles vers des professionnels formés.
La prise en charge repose généralement sur une approche globale associant accompagnement psychologique, aménagements scolaires ou professionnels et, dans certains cas, traitement médicamenteux. Lorsqu'il est correctement diagnostiqué, le TDAH peut être efficacement compensé, permettant aux patients d'améliorer leur qualité de vie et leur fonctionnement au quotidien.
La mobilisation s'illustre par des actions symboliques fortes. Le TDAH Tour 2026 lance un défi sportif de 1 200 km à travers la France pour relayer la flamme de l'espoir. Les participants portent le ruban orange, couleur représentant la créativité et l'énergie, afin de stimuler les échanges à l'école ou en entreprise.