Interview : Sea, sex and Fun

Sea, sex and Fun, un titre sympa pour un livre rempli de témoignages sur la sexualité des 25-35 ans. Les auteurs, Géraldine Adam et Anne Dufour ont, en effet, interrogé plus de 200 hommes et femmes et ont osé leur poser toutes les questions. Premier étonnement : rien ne les gêne ! Mais ce livre réserve bien d'autres surprises, comme l'explique le Dr Catherine Solano dans sa préface.

Ce livre vous a étonné par sa liberté de ton et par l'absence de toute culpabilité - vous parlez de la première génération vraiment libre. Qu'est-ce qui la distingue de celle de leurs parents, qui étaient soixante-huitards, ne l'oublions pas ?

Dr Catherine Solano : Les 25-35 ans n'ont pas connu d'interdit. Du coup, d'après leurs témoignages, il semble qu'ils n'aient pas de limite. Pour eux, tout semble permis, et a priori, rien n'est jugé comme un comportement sexuel répréhensible ou négatif. Leur leitmotiv pour les pratiques sexuelles c'est : « je n'en ai pas forcément envie, mais j'essayerai peut-être un jour pour ne pas mourir idiot ! » C'est par exemple ce qui revient quasi systématiquement pour l'amour à trois !Ce qui est très intéressant, c'est que tous les 25-35 ans affirment le droit à l'autre d'être ce qu'il est, de vivre ce qu'il vit sans être jugé. Ce livre donne des témoignages d'un énorme respect de l'autre, même s'il est très différent. Pour leurs parents qui ont vécu mai 68, c'était autre chose. On avait envie de tout essayer parce qu'un bouchon sautait. Tout ce qui était interdit devenait brusquement possible !

Vous dites que ces jeunes sont très tolérants et en même temps que l'absence d'interdit peut affadir leurs sensations. N'est-ce pas contradictoire ?

Dr Catherine Solano : Pas du tout. Ce sont les interdits qui donnent envie d'être dépassés, ou en tout cas approchés. Les limites donnent du sel, du piment, en un mot, du désir. Car le désir naît des frustrations. Et plus le désir est fort, plus les sensations sont puissantes. Si tout est autorisé, on a tendance, pour trouver des sensations fortes, à aller vers une escalade de pratiques. Mais c'est une erreur, parce que ce sont les émotions et les sentiments qui procurent les plus fortes sensations, pas les pratiques particulières.

S'ils osent tout dire, ils parlent encore peu d'amour. Peu de " Love " dites-vous. Faudra-t-il encore attendre une autre génération, voire plusieurs ? Ou faudra-t-il leur reposer la question dans un autre livre ?

Dr Catherine Solano : Je pense qu'il ne faudra pas attendre très longtemps pour qu'on parle d'amour, de sentiments. À mon avis, on est en train d'y revenir. J'ai l'impression qu'il y a une sorte de ras-le-bol vis-à-vis du sexe étalé partout. Et le changement formidable aujourd'hui, à mon avis, vient des hommes. Ils s'autorisent enfin à exprimer leurs sentiments, à en parler, à essayer de se comprendre. C'est un pas en avant très important, autant je crois que la libération féminine. Les hommes sont en train de libérer leurs sentiments.

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