Interview : L'hospitalisation psychiatrique est malade
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e-sante : Quelles pourraient être quelques pistes d'amélioration ?

Dr Patrick Lemoine : Il serait bon que les autorités comprennent que la psychiatrie a des spécificités, que l'urgence légale ne se planifie pas facilement et que revenir à un certain volant de sécurité au niveau des capacités d'accueil devient nécessaire.Réouvrir des lits, les spécialiser en fonction des pathologies soignées (psychose, toxicomanie, névroses... ) et/ou des techniques utilisées (thérapies familiales, analytiques, biologiques... ), sortir le secteur de l'hôpital et le réserver... aux patients concernés. La plupart des lits intra-muros devraient être asectoriels ou intersectoriels sauf pour ce qui concerne les patients hospitalisés sans leur consentement qui doivent rester sectorisés, mais dans des conditions correctes.Cependant, recréer des lits ne sert à rien si personne ne s'en occupe. Or, des centaines de postes de Praticiens hospitaliers sont vacants, faute de candidats. Non attractivité des carrières hospitalières, insuffisance du nombre d'étudiants en médecine, d'internes de spécialité ? Nous allons droit dans le mur... " Gouverner c'est prévoir ", encore un adage qui fout le camp ! Il serait bon aussi que l'enseignement de la psychiatrie évolue, sorte enfin du " tout idéologique ", qu'il soit psychanalytique, biologique ou comportemental et revienne à une vue plus équilibrée de la question. La psychopharmacologie devrait faire l'objet de beaucoup plus d'heures d'enseignement et surtout, les techniques relationnelles notamment en ce qui concerne la prescription devraient faire l'objet d'un enseignement spécial.

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