Hépatite C : traitement et bithérapie pour éviter le cancer du foie

Publié le 14 Mai 2003 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
L'infection par le virus de l'hépatite C évolue dans 80% des cas vers une forme chronique, qui à terme peut aboutir à une cirrhose ou un cancer du foie. En pratique, le traitement repose sur deux types de médicament, l'interféron pégylé alpha et la ribavirine, employés seuls ou en association, d'où le terme de bithérapie. Le point sur ces deux spécialités.
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Interféron pégylé alpha

L'interféron pégylé alpha est employé dans le traitement de l'infection par le virus de l'hépatite C, seul ou en association avec la ribavirine. Son action est triple : il agit contre le virus de l'hépatite C, il stimule les défenses immunitaires et peut réduire la fibrose au niveau du foie. Il s'injecte une fois par semaine dans un pli de la peau, toujours le même jour de la semaine et à la même heure. Il est préférable de réaliser la toute première injection avec une infirmière ou votre médecin, afin d'apprendre les bons gestes. Ensuite, si vous avez peur de la réaliser vous-même, faites appel à une infirmière libérale qui viendra à votre domicile chaque semaine. Si vous vous lancez, lisez attentivement le mode d'emploi du produit et si vous utilisez le nouveau mode d'injection du ViraféronPeg® sous la forme d'un stylo, procurez-vous la brochure explicative illustrée créée par SOS Hépatites (www.soshepatites.org). Afin de minimiser les inconvénients des effets secondaires de ce produit, il est préférable de bien choisir le moment de l'injection : certains préfèrent un soir en semaine, d'autres un jour de week-end afin de rester opérationnels durant la semaine. Si vous souhaitez modifier le jour de l'injection, il suffit d'en parler avec votre médecin, lequel proposera une solution adaptée, comme par exemple de réaliser des injections à 6 jours d'intervalle jusqu'à ce que vous tombiez sur le jour qui convient le mieux, puis de reprendre avec 7 jours d'intervalle.En cas d'oubli : si l'oubli est découvert le jour même, faites l'injection avec quelques heures de retard. Si c'est le lendemain, prévenez votre médecin afin de connaître la procédure adéquate à suivre. Dans tous les cas, l'objectif est d'avoir en permanence dans votre organisme une quantité suffisante de médicament. L'intervalle de 7 jours entre deux injections permet d'y parvenir.Avant utilisation, conserver ce médicament au réfrigérateur, au niveau du bac à légumes.

Ribavirine

Souvent associé à l'interféron pégylé alpha, ce médicament sous forme de gélule est à avaler chaque matin et soir avec un intervalle de 12 heures. Il doit être pris lors d'un repas ou juste après afin de faciliter son passage dans le sang. Sinon, il arrivera en quantité insuffisante dans la circulation sanguine et son action, qui s'oriente spécifiquement contre le virus de l'hépatite C, sera réduite.En cas d'oubli : comme pour l'interféron pégylé alpha, s'il ne s'agit que de quelques heures de retard, prenez le comprimé oublié. Si vous oubliez une journée ou plus, prévenez votre médecin et suivez ses consignes. Là encore, il est important d'avoir une quantité suffisante de médicament dans le sang pour qu'il soit actif. Respecter les 12 heures d'intervalle et choisissez toujours le moment d'un repas. Pas de grossesse sous ribavirine !Ce produit étant toxique pour foetus (il peut entraîner des malformations), toute conception doit être évitée durant le traitement, mais également plusieurs mois après l'arrêt de celui-ci. Une femme ayant été sous ribavirine ne doit pas concevoir un enfant durant les 4 mois qui suivent l'arrêt du traitement. Pour un homme, cette durée est plus longue, 7 mois, car ce médicament reste plus longtemps dans le sperme que dans le sang. Par précaution, un test de grossesse doit être réalisé chaque mois.Il est à conserver à l'abri de l'humidité et de la chaleur.

Effets secondaires

Les traitements contre l'hépatite C peuvent entraîner de nombreux effets secondaires, mais ils ne sont pas systématiques. Le plus important est de s'autoévaluer et de ne pas minimiser certains symptômes, comme des troubles de l'humeur, une tristesse et autres signes inhabituels. La plupart du temps, ils sont réversibles.La fatigue est souvent présente au cours de l'hépatite C et de son traitement. En fonction de vos propres limites et des conséquences dans votre vie quotidienne, n'hésitez pas à en parler à votre médecin. De plus, attention, la fatigue cache souvent une dépression qui s'installe. C'est pourquoi il est important de la diagnostiquer et de la prendre en charge. Le syndrome pseudo-grippal (maux de tête, fatigue, fièvre supérieure à 38,5°C, courbatures, frissons…) dans les heures ou les jours qui suivent l'injection de ViraféronPeg® est fréquent. Il peut parfois être minimisé en réduisant les doses ou en pratiquant l'injection au moment du coucher. Votre médecin peut également vous prescrire des médicaments contre la douleur et la fièvre (paracétamol, ibuprofène). Dans tous les cas, ne vous tournez jamais vers l'automédication car en fonction de l'état de votre foie, toute spécialité pharmaceutique peut se révéler dangereuse, particulièrement en cas de surdosage. Demandez régulièrement l'avis de votre médecin.Des réactions au point d'injection (rougeur, gonflement, irritation et démangeaisons), pouvant durer quelques jours (2 semaines au maximum) peuvent se manifester. Il est donc conseillé d'injecter le produit chaque semaine à un endroit différent. Vous pouvez également utiliser des crèmes (Hémoclar®, Réparil®, etc.) ou de la glace enveloppée dans un tissu afin d'accélérer leur disparition.

Durée du traitement

Tout dépend du virus. Une infection par un virus de génotype 2 ou 3 nécessite généralement 6 mois de traitement. En revanche s'il s'agit du génotype 1 ou 4, la durée sera de 12 mois. L'efficacité du traitement est généralement évaluée après 3 mois. Dans certains cas, la prise en charge par l'interféron pégylé alpha est prolongée de plusieurs mois afin de protéger le foie et de ralentir la progression de la fibrose. Il s'agit alors d'un traitement « d'entretien ».La dose prescrite dépend du poids de chacun. L'efficacité dépend des paramètres liés à l'infection, mais également de trois éléments sur lesquels il est possible d'agir : prendre correctement et régulièrement son traitement, éviter la consommation d'alcool et l'excès de poids.

Source : www.soshepatites.org