Grossesse : l’exposition à la Dépakine associée à un risque de troubles de l’attention chez l’enfant

La prise de médicament anti épileptique à base de valproate de sodium pendant la grossesse exposerait l’enfant à naître à un risque accru de trouble de déficit de l’attention et d’hyperactivité.
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Elle était déjà connue pour son rôle dans la survenue de malformations fœtales et troubles neuro-développementaux. La Dépakine©, médicament anti épileptique à base de valproate de sodium (ou acide valproïque), représenterait aussi un risque de troubles de l’attention chez les enfants qui y sont exposés in utero. C’est ce que révèlent des chercheurs en neurologie et en épidémiologie clinique de l’université d’Aarhus (Danemark) dans une étude publiée le 4 janvier 2019 dans le JAMA Network.

Un risque de TDAH accru de 48%

Les chercheurs ont épluché les données de santé de 913 302 enfants danois nés entre le 1er janvier 1997 et le 31 décembre 2011. Ils ont noté les éventuelles prises de médicaments anti épileptiques des mères pendant la grossesse et les diagnostics de troubles de déficit de l’attention de d’hyperactivité (TDAH) chez ces enfants.
Résultats : sur les 580 enfants exposés à la Dépakine© in utero, 49 (soit 8,4%) présentaient un trouble de l’attention. Une pathologie qui ne concernait que 3,2% des 912 722 autres enfants non exposés à ce médicament, soit 2,6 fois moins.
Autrement dit, les enfants exposés in utero au valproate de sodium présentaient un risque accru de 48% de développer un TDAH par rapport aux enfants non exposés à cette substance, selon les auteurs de la publication.
Enfin, les scientifiques n’ont observé une telle association que pour le valproate de sodium et pour aucun autre médicament anti épileptique.

"Mieux conseiller les femmes en âge de procréer"

Cette étude apporte un nouvel argument en faveur d’une grande vigilance quant à la prise de cet anti épileptique pendant une grossesse et "ces résultats ont des implications importantes pour mieux conseiller les femmes en âge de procréer qui suivent un traitement au valproate" notent les chercheurs, qui rappellent ainsi le rôle des professionnels de santé dans l’encadrement des femmes sous traitement épileptique.
En France, depuis juin 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a interdit la prescription de valproate de sodium pendant la grossesse et plus largement aux filles, adolescentes et femmes en âge de procréer. Ce médicament reste autorisé aux femmes épileptiques résistantes aux autres traitements disponibles mais, dans ce cas, elles doivent toujours utiliser une contraception pendant le traitement.

 

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Source : Association of Prenatal Exposure to Valproate and Other Antiepileptic Drugs With Risk for Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder in Offspring, Christensen et al., JAMA Network, 4 janvier 2019 
Risque de troubles neuro-développementaux précoces (avant l’âge de 6 ans) associé à l’exposition in utero à l’acide valproïque et aux autres traitements de l’épilepsie en France, Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), juin 2018 
Valproate - Contraception et grossesse : ce que vous devez savoir, Brochure diffusée sous l’autorité de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), septembre 2018