Excision sur mineure : obligation de signalement

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L'excision est une mutilation sexuelle féminine à l'origine de souffrances physiques, psychologiques et de nombreux décès. Cette pratique mutilante est interdite en France avec obligation légale de signalement. Pourtant, 53.000 femmes et 159.000 fillettes sont mutilées ou menacées de l'être sur le sol français.

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L'excision : mutilante et mortelle

L'excision consiste à couper le clitoris et les petites lèvres (80% des cas). L'infibulation consiste, en plus, à coudre ensemble les grandes lèvres en ne laissant qu'un petit orifice pour l'écoulement des urines et du sang des règles (15% des cas). Cette dernière forme d'excision est très répandue en Égypte d'où son appellation « excision pharaonique ». Mais selon les pays et les coutumes des ethnies, d'autres formes d'excision, plus rares, sont observées : atrophie du clitoris par piqûres, perçage, massage, brûlures, grattage, raclage, voire coupure du vagin. Toutes ces pratiques sont extrêmement dangereuses, avec des conséquences médicales et psychologiques redoutables, sans parler des nombreux décès. Ces interventions sont généralement pratiquées à vif, sans anesthésie ni conditions d'hygiène adaptées et à tous les âges, même si des fillettes de plus en plus jeunes sont concernées, parfois dès la naissance ou juste avant la puberté entre 7 et 10 ans.

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L'excision se pratique aussi sur le sol français

Dans le monde, 130 millions de femmes seraient mutilées sexuellement, à raison de 3 millions de fillettes chaque année, soit 28 nouvelles victimes toutes les 5 minutes. Il n'y a pas qu'en Afrique que l'excision est pratiquée. En France aussi : 53.000 femmes et 159.000 fillettes sont mutilées ou menacées de l'être sur le sol français. Comme dans toute l'Europe, l'excision est réalisée sur des fillettes et des femmes d'immigrées. Or l'excision est légalement interdite. Elle l'est également dans plusieurs pays africains et ne concerne parfois que certaines formes d'excision. Mais globalement l'interdiction se répand de plus en plus contre ces pratiques mutilantes et mortelles et des peines de prisons fermes à l'encontre d'exciseuses ont déjà été prononcées.

Publié le 31 Décembre 2007
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : Conférence de presse Organon et Gams (Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles), jeudi 29 novembre 2007.