L’essentiel sur l’hémorragie à l'accouchement
Publié le 24 Mars 2014 par Rédaction E-sante.fr

Quels sont les causes et les facteurs de risque de l’hémorragie du post-partum ?

  • L’utérus est atone

    C’est la cause la plus fréquente d’hémorragie de la délivrance. L’utérus ne se rétracte pas bien car les muscles utérins ne se contractent pas suffisamment. L’occlusion des vaisseaux se fait mal et le saignement se prolonge.

    Cette situation est favorisée par un travail prolongé, une distension importante de l’utérus comme par exemple en cas de grossesse multiple ou de fibrome sous-muqueux volumineux, une césarienne, un nombre élevé de grossesses précédentes ou encore l’âge maternel (plus de 35 ans).

  • Une délivrance incomplète

    L’expulsion du placenta et des membranes ne s’est pas produite ou incomplètement.

    L’utérus n’étant pas totalement vidé, sa rétraction ne se produit pas.

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  • Parmi les autres facteurs de risque :
    • les cicatrices utérines,
    • les hématomes rétro-placentaires,
    • un placenta prævia,
    • un trouble de la coagulation,
    • un traitement perturbant la coagulation,
    • un antidépresseur,
    • etc.

Dans la majorité des cas, les hémorragies surviennent sans que l’on puisse retrouver de facteur de risque maternel.

Il n’existe donc pas de prévention spécifique.

Quel est le traitement de l’hémorragie de la délivrance ?

Le traitement est une urgence car au-delà de 1.000 ml, le pronostic vital est compromis.

La prise en charge est bien codifiée par la Haute autorité de santé et dépend de la rapidité à laquelle elle est mise en place.

  • Si la délivrance n’a pas eu lieu ou si elle est incomplète, une exploration est immédiatement entreprise et les fragments sont ôtés manuellement sous péridurale ou sous anesthésie générale. De l’ocytocine est injectée afin de favoriser la rétractation de l’utérus.
  • Dans les autres cas ou si le saignement se prolonge, sont entrepris en parallèle des mesures de réanimation, un bilan biologique, un traitement d’une anomalie de la coagulation.

    En cas d’échec, des prostaglandines sont perfusées. En dernier recours, une intervention chirurgicale ou radio-interventionnelle est réalisée pour mettre immédiatement fin au saignement : embolisation des artères utérines ou ligatures chirurgicales, hystérectomie (ablation de l’utérus).

Consultation d'anesthésie avant l'accouchement.

En pratique, en plus des consultations prénatales, chaque femme enceinte est adressée en consultation d’anesthésie.

Au moment de l’accouchement, la collaboration avec l’équipe d’anesthésie a pour but de mettre en place les mesures minimales nécessaires à la prise en charge en cas de survenue éventuelle d’une hémorragie.

Bien entendu, en amont, les femmes enceintes présentant des facteurs de risques bien identifiés sont orientées vers une maternité disposant d’un plateau technique de niveau adapté.

Source : J Gynecol Obstet Biol Reprod 2004; 33 (suppl. au n° 8): 4S9-4S16. HAS, Recommandations pour la pratique clinique : hémorragies du post-partum immédiat, http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/HPP_rapport.pdf. CNGOF, Recommandations pour la pratique clinique, Hémorragies du post-partum immédiat, http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PURPC_12.HTM.