L 'entreprise, " moteur " du sevrage tabagique
Publié le 08 Octobre 2003 à 2h00 par Dr Philippe Presles
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

L'exemple de GEEPE, filiale française de General ElectricDifférentes enquêtes déjà menées par l'Office Français de prévention du Tabagisme (OFT) auprès des salariés révèlent que les ¾ d'entre eux, autant fumeurs que non-fumeurs, se disent gênés par la fumée des autres. C'est pourquoi, ils souhaiteraient que leur entreprise s'implique davantage dans la prévention du tabagisme et l'aide au sevrage. GE Energy Products Europe, employant 1.800 salariés sur deux sites à Belfort et à Bourogne, s'est investi dans cette démarche. Déjà, 130 fumeurs se sont montrés candidats à l'arrêt du tabac. Madame Danièle Bourqueney, responsable des actions santé, attachée au Service Environnement Hygiène et sécurité de l'entreprise, a répondu à nos questions sur cette initiative.

e-sante : Quelles raisons ont incité, en octobre dernier, la Société General Electric à proposer à ses salariés une aide au sevrage tabagique ?

Danièle Bourqueney : Cette proposition est dans la continuité des actions de sensibilisation et de prévention aux maladies cardiovasculaires menées dans notre entreprise en février 2002, lesquelles avaient suscité l'intérêt des salariés. Elle vise bien entendu à aider les fumeurs volontaires à l'arrêt du tabac, mais aussi à protéger les non-fumeurs et à améliorer le niveau de sécurité et de propreté dans les ateliers.

e-sante : Selon vous, la gratuité des substituts nicotiniques a-t-il été l'élément moteur dans la prise de décision de l'arrêt du tabac de certains de vos salariés ?

Danièle Bourqueney : Certes, la gratuité des substituts nicotiniques a sans doute constitué un élément moteur dans cette prise de décision, mais au-delà, et l'expérience le démontre, c'est la motivation personnelle qui reste essentielle pour atteindre l'objectif de l'arrêt. C'est pourquoi notre prise en charge n'est pas uniquement financière, elle est aussi médicale et psychologique en collaboration avec le service médical interentreprises, des spécialistes de la CPAM de Belfort, des hôpitaux de Lure et Belfort-Montbéliard. Elle est le résultat d'un réel « plan » de sevrage tabagique et le médecin traitant de chacun des candidats au sevrage intervient également dans ce plan, car seul prescripteur des substituts.

e-sante : Quel est le coût approximatif d'une telle prise en charge, pour votre entreprise et maintiendrez-vous cette initiative ?

Danièle Bourqueney : Le coût de cette prise en charge s'élève environ à 200 euros par salarié candidat au sevrage, lorsque l'on considère l'achat des patchs, le suivi médical inter-entreprises, la location du matériel relatif aux journées d'information, etc. Nous maintiendrons cette initiative tout au long de l'année 2003, il suffit à nos salariés motivés à l'arrêt de nous le faire savoir…