Elle meurt de faim à cause de son by-pass

Une Britannique est morte après s’être affamée elle-même. La réalisation d’un by-pass gastrique l’avait rendue incapable de manger plus de deux bouchées. Une enquête a été menée après le décès de cette femme mère de trois enfants.
© Istock

Kimberley Wall, 146 kg, avait décidé en 2008 de subir un by-pass gastrique craignant que son obésité ne la tue. Mais, sa vie est devenue compliquée après l’opération. Elle ne pouvait manger que deux bouchées à la fois. Le poids de la Britannique a plongé pour finalement atteindre 31 kg au moment de sa mort en le 8 octobre 2018.

“je suis passée de trop grosse à sous-alimentée”

La femme originaire de Rochdale (Grand Manchester) s’était confiée sur les difficultés qu’elle rencontrait depuis la chirurgie à un journal local en 2014 “je savais que le by-pass était une démarche drastique, mais j’avais essayé tous les régimes qui existaient sans succès. L’idée de pouvoir effectuer un changement durable était donc très séduisante”.

Kimberley Wall avait ajouté “Je me suis imaginée courir dans le parc avec les enfants et j’ai été séduite par cette idée. Maintenant, je suis passée de trop grosse pour bouger à trop faible et sous-alimentée”.

Elle déplorait ensuite “"Je pensais que l'opération me donnerait la vie dont j'avais rêvé - mais il s'avère que je n'aurais pas pu être plus dans l'erreur. Je peux à peine manger de la nourriture”. “Tout ce que j’arrive à avaler me retourne l’estomac. Je me sens malade tout le temps. Je regrette complètement le by-pass gastrique”.

Certains jours, elle ne pouvait pas se lever

Au lieu de jouer avec ses enfants, la femme - victime de nausées et de douleurs abdominales après chaque repas - a passé ses 6 dernières années à faire des aller-retour à l'hôpital. Son médecin, Dr Richard Darling, a confié aux personnes chargées de l’enquête après son décès : "Nous avons discuté des troubles de l’alimentation, mais Kimberley a déclaré ne pas avoir le sentiment que c’était le cas. Elle a expliqué : ce n’est pas que je ne veux pas manger, je le veux mais je ne le peux pas ". Le docteur a également assuré qu’elle ne souffrait pas de la maladie de Crohn ou de bipolarité.

Son état s’est détérioré au rythme de sa perte de poids. Sa mère, Muriel Stephenson, a confié aux enquêteurs “Au fil du temps, elle est devenue de plus en plus déprimée, paranoïaque et inquiète pour tout. Elle vivait seule avec ses enfants et certains jours, elle était incapable de les faire aller à l’école et passait la journée au lit”. Elle a précisé "Elle avait besoin de soignants qui venaient l’aider avec la nourriture et elle prenait des antibiotiques."

En août 2018, elle a été placée en soin intensif en raison d’une chute de tension artérielle drastique. Autorisée à quitter l’hôpital après une amélioration de son état, elle est finalement décédée en octobre après s’être effondrée chez elle.

Le coroner qui a rendu ses conclusions la semaine dernière, assure qu’il n’y avait pas d’erreur dans la réalisation du by-pass. Il ajoute “Le problème de nutrition chez Kimberly est une complication rare mais connue du by-pass”. "Étant donné l’ampleur des complications que Kimberly a endurées, elle a eu des problèmes d’anxiété et de dépression, ce qui a intensifié ses difficultés alimentaires". "Il est clair pour moi que la source de son problème a fait l'objet d'une enquête approfondie au fil des ans", conclut-il.

Qu’est-ce que le by-pass ?

Le by-pass gastrique est une opération chirurgicale qui consiste à “court-circuiter” l'estomac en connectant sa partie haute à la partie centrale de l'intestin grêle. Cela empêche l’absorption des aliments.

Cette option n’est proposée qu’aux personnes ayant tenté sans succès de perdre du poids par d’autres moyens suivis médicalement.

Par ailleurs, en France, la chirurgie bariatrique est réservée aux individus :

  • ayant un indice de masse corporelle (ou IMC) > 40 kg/m², ou > 35 kg/m² avec une complication associée (par exemple diabète de type 2, HTA, syndrome d'apnée du sommeil) ;
  • âgés de 18 à 60 ans ;
  • n’ayant pas de contre-indication d’ordre psychologique ;
  • qui ne présentent pas de risque opératoire particulier.

Les patients doivent par la suite adopter de nouvelles habitudes alimentaires :

  • manger en petite quantité et lentement ;
  • faire une ou deux collations dans la journée en plus des 3 repas ;
  • ne pas boire en mangeant ;
  • maintenir un apport suffisant en protéines et respecter un bon équilibre alimentaire pour prévenir les carences (viandes, poissons, laitages, fruits et légumes) ;
  • éviter les aliments très caloriques, trop sucrés, trop gras ou trop salés.

Un suivi médical régulier est nécessaire. Il permet de prendre en charge rapidement des complications :

  • carences nutritionnelles ;
  • dénutrition ;
  • ulcère ;
  • malaise ;
  • anémie ;
  • chute de cheveux.
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