Deux médecins se battent au bloc opératoire, à Lisieux

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Un urologue et un anesthésiste risquent la radiation pour s'être battus au bloc opératoire. Ils ont comparu devant la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins.

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C'est un incident pour le moins hors du commun qui a été jugé devant la Chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins du Calvados, à Caen. Deux médecins risquent la radiation pour en être venus aux mains… au bloc opératoire, à quelques centimètres seulement d'une patiente endormie.

L'affaire, révélée par Le Parisien, s'est déroulée en juillet 2017 à la polyclinique de Lisieux (Calvados). A l'origine de la discorde, une intervention programmée par un urologue après 16 heures – et ce alors que la charte de l'établissement ne le permet pas.

Un désinfectant jeté au visage

L'altercation commence quand l'anesthésiste fait savoir son désaccord. L'ambiance n'est, déjà, pas à la conciliation : le spécialiste entre dans le bloc opératoire en pleine chirurgie et reproche à son collègue, urologue, la programmation tardive. Il refuse d'endormir la patiente.

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"La charte du bloc prévoit qu'aucune opération ne doit démarrer après 16 heures", a justifié l'avocat de l'anesthésiste, dépeignant le portrait d'un homme "à bout" et surchargé de travail depuis le départ de l'autre spécialiste.

Mais la dispute dégénère rapidement. Les esprits s'échauffent, des insultes sont proférées, jusqu'au moment où l'urologue attaque physiquement son confrère. Il s'empare d'une bouteille de Bétadine – utilisée pour désinfecter le champ opératoire – et la jette au visage de l'anesthésiste.

Un mois d'arrêt de travail

Celui-ci s'empare alors d'une paire de ciseaux et charge son adversaire. La présence d'esprit d'un infirmier, qui a maîtrisé l'homme avant de le sortir du bloc, a évité le pire. Un récit qui a sidéré les représentants de l'Ordre des médecins, selon Le Parisien.

L'empoignade ne s'arrête pas là. Dans les vestiaires, les deux professionnels en seraient venus aux mains. Bien décidé à en découdre, c'est l'urologue qui a asséné le coup final, à l'extérieur de l'hôpital. Muni d'une sacoche d'ordinateur, l'homme a frappé son collègue au visage.

Blessé, l'anesthésiste souffre d'une fracture qui lui vaut un mois d'arrêt de travail. Il a, depuis, présenté sa démission.

Au-delà du fait divers, cette affaire rappelle que les conflits entre médecins ne sont pas rares. Mais des recours existent. Comme le précise le Code de déontologie médicale, "un médecin qui a un différend avec un confrère doit rechercher un conciliation".

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