Des personnes décèdent d'un cancer du sein après avoir reçu les organes d'une même donneuse

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Des patientes ayant reçu les organes d'une femme de 53 ans décédée ont toutes développées un cancer, certaines en sont mortes. L'examen des organes avant la greffe n'avait pas décelé de cellules cancéreuses.

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Un don d'organe peut sauver la vie. Mais aussi très rarement donner la mort. Dans l'American Journal of Transplantation, des scientifiques rapportent une transmission du cancer du sein par un seul donneur à 4 personnes ayant reçu plusieurs de ses organes. Les cancers se sont déclarés "des années après le don et le diagnostic de cancer du sein était inexistant au moment du don". Alors que s'est il passé ?

En 2007, une femme de 53 décède d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Ses reins, ses poumons, son foie et son cœur sont prélevés. Des analyses sont portées sur les organes mais aucune tumeur maligne n'est décelée. Quatre personnes reçoivent ses organes :

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- une femme de 42 ans reçoit ses poumons.

- une femme de 62 ans et une femme de 59 ans reçoivent son foie.

- une quatrième personne subit une greffe rénale.

Le quatrième a survécu après l'ablation du rein greffé malade

Toutes développent un type de cancer du sein histologiquement similaire dans les 16 mois à 6 ans après la transplantation. Trois bénéficiaires sur quatre sont décédés des suites d’une maladie largement métastasée, indiquent les scientifiques. Dans le rapport, ils précisent que  le donneur avait des "micro métastases" trop petites pour être détectées.Le quatrième receveur a survécu après l'ablation du rein greffé suivie d'une cessation de l'immunosuppression et de la chimiothérapie. "Ce cas extraordinaire souligne les conséquences souvent fatales du cancer du sein dérivé du donneur et suggère que le retrait de l'organe donneur et le rétablissement de l'immunité peuvent induire une rémission complète" concluent les chercheurs. 

"Il y a toujours un petit risque"

"Il y a toujours un petit risque mais les gens ne doivent pas être inquiets, a rassuré le Dr Frederike Bemelmam, professeur de néphrologie à l'Université d'Amsterdam et auteur principal du rapport. Les avantages de la transplantation d'organes dépassent de loin ces faibles risques." Elle estime qu'il ne faut forcément envisager la mise en place de programmes plus poussés pour effectuer des diagnostics précoces de cancers, tels que le passage systématique des organes greffés au scanner. Selon elle, cela pourrait augmenter le nombre de résultats non pertinents et diminuer le nombre de donneurs qui restent toujours très insuffisants. 

Publié le 20 Septembre 2018
Auteur(s) : Aurélie Blaize, journaliste santé
Source : Transmission of breast cancer by a single multiorgan donor to 4 transplant recipients.
Voir + de sources
Yvette A. H. Matser  Matty L. Terpstra  Silvio Nadalin  George D. Nossent  Jan de Boer Barbara C. van Bemmel  Susanne van Eeden  Klemens Budde  Susanne Brakemeier Frederike J. Bemelman. 6  avril 2018. American Journal of Transplantation.
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