Dépistage de Parkinson et du cancer : comment le flair canin éclaire le diagnostic précoce

Publié par Freya Yophy
le 16/09/2026
chien
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Ces chiens reconnaissent Parkinson grâce à l’odeur de la peau
Des chiens dressés parviennent à identifier la maladie de Parkinson et certains cancers à un stade précoce grâce à leur odorat exceptionnel.

Dès 1989, une lettre publiée dans The Lancet relatait le cas étonnant d’un chien qui reniflait avec insistance une lésion située sur la cuisse de sa maîtresse, allant jusqu’à tenter de la mordiller. L’examen médical avait révélé un mélanome malin. Cette observation isolée a contribué à ouvrir un nouveau champ de recherche : certaines maladies modifieraient-elles suffisamment l’odeur corporelle pour être reconnues par un animal entraîné ?

Pourquoi une maladie peut-elle modifier l’odeur de la peau ?

Le fonctionnement de l’organisme produit en permanence des molécules volatiles éliminées par l’haleine, la sueur, les urines ou le sébum. Certaines pathologies peuvent modifier la nature ou la concentration de ces composés organiques volatils, créant une signature chimique particulière.

Dans la maladie de Parkinson, les chercheurs s’intéressent notamment au sébum, cette substance grasse produite par les glandes sébacées. Sa composition paraît différer chez les personnes malades, ce qui pourrait expliquer l’apparition d’une odeur caractéristique.

Cette piste doit beaucoup à Joy Milne, une Britannique dotée d’une sensibilité olfactive exceptionnelle. Elle avait remarqué une odeur musquée inhabituelle sur la peau de son mari environ douze ans avant que celui-ci ne reçoive son diagnostic. Des travaux publiés en 2019 ont ensuite identifié, dans le sébum de patients atteints de Parkinson, plusieurs molécules volatiles présentes dans des proportions différentes de celles observées chez des volontaires non malades.

Deux chiens testés sur 100 prélèvements inconnus

Une étude publiée en 2025 a évalué les capacités de Bumper, un golden retriever, et de Peanut, un labrador noir. Entraînés pendant 38 à 53 semaines par l’association britannique Medical Detection Dogs, les deux animaux ont travaillé sur 205 prélèvements cutanés.

Ils ont ensuite participé à une épreuve en double aveugle portant sur 100 nouveaux échantillons : 40 provenaient de personnes récemment diagnostiquées avec Parkinson et n’ayant pas encore reçu de traitement, tandis que 60 appartenaient à des participants témoins. Ni les chiens, ni leurs conducteurs, ni les expérimentateurs présents dans la salle ne connaissaient la position des prélèvements positifs.

Le premier chien a obtenu une sensibilité de 70 % et une spécificité de 90 %. Le second a atteint respectivement 80 % et 98,3 %. Autrement dit, le meilleur résultat correspond à la détection de huit prélèvements positifs sur dix, avec très peu de fausses alertes parmi les échantillons témoins.

Des résultats prometteurs, mais pas encore un test médical

Ces performances démontrent l’existence probable d’une signature olfactive associée à Parkinson. Elles ne signifient cependant pas qu’un chien pourrait aujourd’hui établir un diagnostic en milieu hospitalier.

L’étude ne portait que sur deux animaux, sélectionnés parmi dix chiens initialement évalués. Leur performance dépendait d’un entraînement long et spécialisé. La sensibilité de 80 % implique également que certains patients malades n’ont pas été reconnus. Des recherches longitudinales restent nécessaires pour déterminer si cette signature peut réellement être détectée avant l’apparition des symptômes moteurs.

Les expériences conduites avec des chiens renifleurs dans plusieurs cancers présentent par ailleurs des résultats très variables selon les prélèvements utilisés, les méthodes d’entraînement et la taille des cohortes. Elles ne peuvent donc remplacer les examens médicaux ni les programmes organisés de dépistage des cancers.

Vers un test cutané réalisé en quelques minutes ?

L’objectif des chercheurs n’est pas nécessairement d’installer des chiens dans les services de neurologie. Leur flair sert surtout à confirmer que la peau contient une information chimique exploitable.

Les scientifiques cherchent désormais à identifier précisément les molécules reconnues par les animaux grâce à la spectrométrie de masse et à d’autres méthodes d’analyse. À terme, un simple écouvillon passé sur le haut du dos pourrait recueillir suffisamment de sébum pour compléter l’évaluation clinique d’un patient.

Cette solution resterait rapide, indolore et peu coûteuse. Elle doit toutefois encore être validée sur de larges populations, notamment face à d’autres maladies neurologiques susceptibles de produire des signatures chimiques proches. Le museau canin constitue donc un remarquable outil de recherche, mais pas encore un test de dépistage homologué.

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