Comment reconnaître la sclérose en plaques ?
Publié le 06 Mars 2018 à 17h21 par Océane Redon, journaliste santé
Validé par : Dr Bruno Perrouty, Neurologue & Dr Evelyne Planque, Neurologue

Le point sur la sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie neurologique, auto-immune et inflammatoire atteignant principalement les femmes. Elle touche le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) en attaquant la gaine qui entoure les nerfs. Conséquence ? Les transmissions entre les neurones sont altérées, provoquant ainsi des défaillances physiques. "Elle touche 90 000 personnes en France et préférentiellement les sujets jeunes, avec un début de maladie souvent entre 20 et 30 ans", explique Evelyne Planque, membre du bureau de la Fédération Française de Neurologie et du conseil d'administration de la Société Francophone de la SEP.

Une apparition des symptômes "par poussées"

Si la particularité de cette pathologie est d’évoluer par poussées, "à savoir des signes qui apparaissent et persistent 24h mais le plus souvent plusieurs jours ou semaines" selon Evelyne Planque, elle est compliquée à reconnaître : "Ses symptômes sont variables d’une personne à l’autre, dans le temps chez une même personne et peuvent se retrouver dans d’autres pathologies neurologiques". "Certains symptômes, comme un fourmillement dans un membre, peuvent même être banalisés", complète Bruno Perrouty, secrétaire général du Syndicat National des Neurologues.

Des symptômes cliniques

Sans qu’ils soient symptomatiques de la SEP, certains signaux cliniques peuvent en être toutefois révélateurs, comme "une soudaine baisse de l’acuité visuelle chez un jeune de 25 ans en bonne santé", glisse Bruno Perrouty. Ce symptôme se développe en moins de 24 heures mais est généralement réversible de manière spontanée ou avec un traitement adapté. "Il s’agit souvent d’un mode d’entrée dans la maladie".  Toujours au niveau de la vue, des troubles de l’oculomotricité, qui se caractérisent par une vision double, peuvent apparaître au début d’une SEP, renchérit Evelyne Planque.

Des signaux moteurs et sensitifs

Cette maladie peut aussi se déclarer via des signes moteurs, telle la faiblesse musculaire d’un membre, ou via des signaux sensitifs, comme des sensations de picotements, d’engourdissement ou de brûlure sur une ou plusieurs parties du corps. Rarement, les symptômes peuvent être des troubles de l’équilibre, de coordination ou des troubles urinaires/sexuels, énumère Evelyne Planque. Ces symptômes apparaissent généralement individuellement. "Mais s’il y a une poussée au niveau de la moelle épinière, le sujet peut avoir plusieurs troubles à la fois", précise Bruno Perrouty.

Que faire si ces symptômes apparaissent ?

Ces symptômes sont compliqués à reconnaître car ils sont divers, apparaissent par poussées et disparaissent ensuite. Mais dès qu’un doute s’installe, il faut consulter son médecin généraliste puis un neurologue qui posera un diagnostic. S’il "nécessite la preuve qu’il y a une dissémination de la maladie dans le temps (plusieurs épisodes séparés dans le temps) et dans l’espace (signes cliniques présents à différents endroits du système nerveux)", le diagnostic se fera également à l’aide d’examens complémentaires comme l’IRM et la ponction lombaire, précise Evelyne Planque.

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