Comment les tatouages tiennent-ils si longtemps sur la peau ?

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Ces dessins imprimés directement sur la peau durent des décennies sans pâlir. Comment ? La réponse est fournie par une équipe de scientifiques français.e.s. Elle réside dans nos cellules immunitaires.

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La France compterait 7 millions de tatoués. Et pourtant, un mystère persiste. Comment ces pigments, injectés sous la peau, parviennent-il à persister si longtemps sans s'affadir ? La réponse, apportée par des chercheur.e.s de l'Inserm et du CNRS, arrive au moment idéal.

A quelques jours du Mondial du tatouage de Paris, qui démarre ce 9 mars à la Grande Halle de la Villette, leur étude est publiée dans le Journal of Experimental Medicine. Et elle bouleverse ce qu'on supposait jusqu'ici.

Avant ces travaux, deux hypothèses étaient avancées pour expliquer l'éternelle jeunesse des tatouages. Soit ils colorent les cellules du derme (fibroblastes), soit l'encre colonise les cellules immunitaires qui le défendent (macrophages).

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Dans un cas comme dans l'autre, les scientifiques pensaient que la cellule ainsi irisée vivait éternellement. L'équipe française vient de découvrir ce n'est pas le cas.

Pour leurs recherches, les auteurs et autrices de cette étude ont utilisé des souris dont les queues ont été tatouées. Détail important : les animaux étaient modifiés génétiquement, de manière à ce que les macrophages soient rapidement détruits.

Le système est dynamique

Comme prévu, les cellules immunitaires imbibées de pigment sont mortes au cours du suivi. Elles ont été remplacées par des macrophages tous neufs. Mais le tatouage, loin de s'estomper, est resté indemne.

Les scientifiques avaient donc tort de croire les cellules tatouées immortelles. Mais alors, quel est le mécanisme à l'œuvre ? Il s'avère que les macrophages abritent jalousement les pigments, jusqu'au moment de leur mort. Elles deviennent alors partageuses.

"Nous pensons que, lorsque des macrophages porteurs de pigment de tatouage meurent au cours de la vie adulte, d’autres macrophages environnants recapturent les pigments libérés et assurent d’une manière dynamique l’apparence stable et la persistance à long terme des tatouages", explique Sandrine Henri, co-autrice du projet.

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Ces résultats, outre leur intérêt théorique, pourraient aider les dermatologues qui pratiquent le détatouage. La meilleure technique, à l'heure actuelle, s'appuie sur le laser. Celui-ci provoque la mort des cellules cutanées, fragmentant les pigments qui sont ensuite évacués par le système lymphatique.

Mais le retrait du tatouage n'offre pas toujours des résultats parfaits. Les scientifiques estiment qu'en ciblant les macrophages, il serait possible d'améliorer les résultats.

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