Cholestérol : pourquoi les Français tardent encore à se faire dépister
Un excès de cholestérol LDL peut évoluer longtemps sans attirer l’attention. L’étude Esteban de Santé publique France estimait qu’en 2015, 19,3 % des adultes de 18 à 74 ans présentaient un LDL supérieur à 1,6 g/l.
Ce chiffre donne un ordre de grandeur, mais ne constitue pas une mesure de la situation en 2026. Surtout, le taux souhaitable n’est pas identique pour tous : il dépend du risque cardiovasculaire de chacun.
Un risque connu, mais pas toujours évalué
Réalisé en mai 2026 par OpinionWay pour Danacol, en partenariat avec l’Alliance du Cœur, le sondage porte sur 1 050 personnes âgées de 35 à 65 ans, représentatives de cette population selon la méthode des quotas.
Parmi elles, 90 % jugent l’excès de cholestérol dangereux pour la santé, mais 32 % déclarent n’avoir jamais cherché à se faire dépister. Par ailleurs, 36 % disent ne pas savoir concrètement comment réduire leur cholestérol.
Ces résultats décrivent des connaissances et des comportements déclarés. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’affirmer que toutes les personnes non dépistées auraient déjà dû bénéficier d’une prise de sang. Ils proviennent également d’une enquête commandée par une marque commercialisant des produits destinés à réduire le cholestérol.
Pourquoi l’absence de symptômes ne rassure pas
Le cholestérol est indispensable au fonctionnement de l’organisme. Le problème apparaît lorsque certaines particules qui le transportent, notamment les LDL, circulent en excès.
Elles participent alors à la formation de plaques d’athérome dans les artères. Cette évolution peut augmenter le risque d’infarctus, d’AVC ischémique ou d’artérite des membres inférieurs, sans provoquer de douleur annonciatrice.
Se sentir en forme ne permet donc pas de connaître son taux. À l’inverse, une fatigue isolée ne suffit pas à évoquer un excès de cholestérol. Le diagnostic repose sur un bilan lipidique sanguin, interprété avec les autres éléments du dossier médical.
À quel âge faire contrôler son cholestérol ?
En l’absence de facteur de risque, l’Assurance maladie recommande un bilan à partir de 40 ans chez l’homme et de 50 ans chez la femme. Un contrôle est également prévu avant l’instauration d’une contraception hormonale.
Il peut être nécessaire plus tôt en présence de tabagisme, d’hypertension, de diabète, d’une maladie rénale ou d’antécédents familiaux cardiovasculaires précoces.
Lorsque les résultats sont normaux et que la situation reste stable, un contrôle tous les cinq ans peut suffire. En revanche, une anomalie, un traitement ou l’apparition d’un nouveau facteur de risque justifient un calendrier adapté.
L’objectif n’est pas de multiplier les analyses, mais d’évaluer son risque cardiovasculaire global avec son médecin.
Alimentation et médicaments : des approches complémentaires
Le cholestérol ne provient pas uniquement de l’assiette : l’organisme, notamment le foie, en fabrique aussi. La génétique, certaines maladies et certains médicaments peuvent influencer son taux. Une alimentation équilibrée reste néanmoins un levier important.
Les mesures utiles consistent notamment à :
- Limiter les excès de graisses saturées, présentes dans le beurre, certaines charcuteries et pâtisseries.
- Privilégier les huiles d’olive ou de colza, les légumes secs, les céréales complètes, les fruits et légumes.
- Reprendre progressivement une activité physique régulière.
- Arrêter de fumer pour réduire le risque cardiovasculaire global.
Ces changements peuvent suffire dans certaines situations. Dans d’autres, un traitement médicamenteux est nécessaire, notamment lorsque le risque cardiovasculaire est élevé. Ce n’est pas un échec personnel : hygiène de vie et médicaments se complètent. Ne modifiez pas un traitement prescrit sans en parler au professionnel qui vous suit.
Sources
- Danacol : résultats et méthodologie du sondage OpinionWay de mai 2026, réalisé auprès des 35–65 ans avec l’Alliance du Cœur.
- Assurance maladie : causes et conséquences des anomalies du cholestérol.