Chirurgien "boucher" : une opération de l’utérus tourne au cauchemar

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Au cours d’une légère intervention, le chirurgien perfore l’utérus de sa patiente jusqu’à toucher une artère et provoquer une sévère hémorragie. Miraculée mais très affaiblie, la femme porte plainte.

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"Ma vie est brisée." À 54 ans, Véronique a subi une intervention au niveau de l’utérus pendant laquelle elle a frôlé la mort. Elle ressort traumatisée de cette opération et souffre aujourd’hui de nombreux problèmes de santé, rapporte Le Parisien. "On m’a retiré tous les muscles abdominaux. Pour maintenir mon ventre, j’ai maintenant une ceinture qui me torture. J’ai beaucoup de mal à me lever, à marcher. Mes reins ne fonctionnent plus normalement. J’ai une sonde et je dois me rendre aux toilettes toutes les deux heures. On m’a posé 120 points de suture. J’ai des infections et je suis très fatiguée." témoigne-t-elle auprès du quotidien.

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Perforation de l’utérus et de l’artère fémorale

Début mai 2018, Véronique souffre de saignements vaginaux persistants. Elle consulte le docteur Martin F., chirurgien gynécologue à l’hôpital de Montélimar, qui détecte un fibrome utérin c’est-à-dire une tumeur bénigne logée dans la paroi de l’utérus. Le médecin lui propose une hystéroscopie le 30 mai 2018, une légère intervention qui vise à cautériser le fibrome en introduisant un tube muni d’une lumière et d’une caméra miniature par les voies naturelles. Mais l’opération tourne au cauchemar : le chirurgien perfore l’utérus jusqu’à toucher l’artère fémorale de la patiente, occasionnant une hémorragie. "Il est resté sidéré et incapable de prendre une décision alors que le pronostic vital de la patiente était engagé. Nous sommes passés à une situation d’accident thérapeutique en raison de son incapacité à se rendre compte de la perforation utérine et de son insistance à poursuivre son geste" déplore Michel Cohen, directeur de l’hôpital de Montélimar dans un courrier adressé à l’Ordre des médecins et cité par Le Parisien.

"Ce médecin est un véritable boucher"

Véronique est alors transférée en urgences et sauvée à l’hôpital Edouard Herriot de Lyon. "[Le directeur de l’hôpital de Montélimar] m’a dit que ce médecin était un véritable boucher" affirme Philippe, le mari de Véronique. Cette dernière déclare aujourd’hui vouloir "essayer de [se] reconstruire" mais " [sait] que le chemin va être long et pénible". Elle souffle également : "Ce qui m’est arrivé ne doit pas arriver à d’autres personnes. Ce médecin ne doit plus exercer." C’est pourquoi elle a porté plainte contre ce gynécologue, d’ores et déjà suspendu par l’hôpital de Montélimar et signalé à l’Ordre des médecins. "C'est aux magistrats de prendre une décision pour protéger la population et les autres femmes" confie enfin la victime au micro de France Bleu Drôme Ardèche.

Publié le 04 Octobre 2018
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr
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