La chimiothérapie plus facile à supporter grâce au sport

Publié le 09 Novembre 2009 à 1h00 par Marion Garteiser, journaliste santé
Les chimiothérapies anti-cancer entraînent pour beaucoup de malades des effets secondaires importants et handicapants: faiblesse, fatigue intense, dépression... Une équipe suédoise vient de découvrir que l'activité physique intensive peut diminuer ces symptômes.
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Un programme d'activité physique intensive pendant la chimiothérapie


Le sport est très important pour diminuer son risque de développer un cancer, et notamment un cancer du sein. Mais l'activité physique peut-elle nous aider une fois que le cancer est là, et que les effets secondaires des traitements très lourds, en particulier les chimiothérapies, font rage ? Les études précédentes étaient plutôt décourageantes. Une étude suédoise a cependant voulu tester les effets d'une programme complet d'exercice, qui comprenait de la relaxation et d'autres méthodes douces (Pilates, stretching) mais aussi des activités physiques plus intensives (cardiotraining et musculation), le tout pratiqué en groupe. L'étude au duré six semaines et les personnes ont été recrutées sur base volontaire; ils souffraient d'une variété de cancer, à des stades eux aussi divers. Leur seul point commun était d'être sous chimiothérapie. Le programme d'activités était fixé pour tout le monde, mais les exercices les plus intenses pouvaient être annulés pour certains les jours où leur santé ne leur permettait pas de les pratiquer.

Moins de fatigue quand on fait de l'exercice pendant la chimiothérapie


Logiquement, la force et la forme physique des patients soumis au programme d'activité physique intensive étaient augmentés. Mais le résultat le plus important était la diminution de la fatigue dans le groupe des personnes soumises au sport intense. On aurait pu croire que les personnes suivant une chimiothérapie, déjà épuisées par leur traitement, souffriraient d'un programme d'exercice physique qui comportait tout de même 90 minutes de sport intensif, trois fois par semaine... et pourtant au final les plus sportifs étaient les moins fatigués. Ils rapportaient aussi plus de vitalité, moins de douleur et un meilleur fonctionnement physique et mental. Les chercheurs en concluent que les patients soignés par chimiothérapie devraient être plus incités à maintenir, voire à augmenter leur pratique sportive, y compris une pratique intense, selon leurs possibilités physiques évidemment.

Quelques bémols pour une étude


Il faut nuancer ces conclusions. D'abord en soulignant que l'étude était menée sur base volontaire. De nombreux patients sous chimiothérapie sont beaucoup trop fatigués pour avoir une activité physique comme celle qui était présentée ici. Par ailleurs, les résultats obtenus étaient certes significatifs, mais tout de même pas énormes. Concrètement, quelles leçons pouvons-nous donc tirer de ces travaux? Tout simplement que chimiothérapie ou pas, écouter notre corps est toujours bénéfique. Si nous nous sentons assez forts pour faire du sport intensivement, il faut en faire! Et même dans la plus grande fatigue, des activités très douces comme le stretching, le taï chi, ou même la relaxation, peuvent permettre de recontacter son corps.

Source : Lis Adamsen et al., British Medical Journal, 2009.