Cannabis : drogue et médicament ?

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Le cannabis, dont l’usage « récréatif » fait débat, a aussi des effets thérapeutiques dont certains sont aujourd’hui bien documentés, notamment contre la douleur, les nausées et les vomissements, les spasmes et la perte de l’appétit. Grâce à un décret autorisant les médicaments à base de cannabis, la France rejoint désormais les pays (Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni, Australie, Canada, 20 États américains…) qui ont décidé d’en faire bénéficier légalement leurs patients.

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Le cannabis est une drogue

Un jeune homme sur deux en a déjà consommé

Sous forme d’herbe ou de haschich, le cannabis est le produit illicite le plus consommé. Selon le Baromètre santé jeunes de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) 51% des jeunes hommes et 38% des femmes de 15-30 ans ont déjà consommé du cannabis. Quant à ceux qui en ont consommé au cours de l’année écoulée, ils sont respectivement 25% et 13%. Selon l’Inpes, « l’usage régulier de cannabis apparaît comme un marqueur de précarité socioprofessionnelle, en particulier chez les jeunes adultes de sexe masculin ».

Le cannabis : drogue douce ou drogue dure ?

Le cannabis est une drogue encore parfois dite « douce », par opposition aux drogues dures, mais cette distinction est discutée. En effet, le cannabis est surtout consommé pour le plaisir et la détente qu’il apporte : légère euphorie, envie spontanée de rire, sentiment d’apaisement, légère somnolence, perturbation de la perception du temps et de la mémoire. Ces effets immédiats de béatitude font oublier les risques potentiels du cannabis notamment sur le cerveau des adolescents en plein développement et sur les voies respiratoires.

Les cinq risques du cannabis pour la santé

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Problèmes de concentration. La consommation de cannabis peut entraîner des troubles de la concentration, de la vigilance et des réflexes, rendant notamment la conduite très dangereuse.

Marginalisation. Diminution de l’activité, difficultés scolaires, troubles de la mémoire, déconnexion par rapport à la réalité... tous ces effets potentiels du cannabis risquent de marginalisation.

Troubles psychiques. Consommer du cannabis peut conduire à des hallucinations, des angoisses, un sentiment de panique, une aggravation de certains troubles psychotiques (anxiété, panique, dépression) et augmente le risque de schizophrénie.

Risques physiques. Affections broncho-pulmonaires ou problèmes cardiovasculaires (palpitations) peuvent être consécutifs à la consommation de cannabis.

Dépendance. Enfin le cannabis peut entraîner une dépendance chez les personnes les plus vulnérables et selon le type de consommation (précocité, fréquence de consommation).

Le cannabis a aussi un usage thérapeutique

Les effets du cannabis sont liés à son principe actif, le tétrahydrocannabinol (THC). À noter qu’aujourd’hui, le cannabis produit est beaucoup plus concentré en THC que dans les années 80, potentialisant les effets et les risques. Cette drogue a été introduite en Europe par les soldats de Bonaparte et par des médecins anglais de retour des Indes car on lui prêtait des vertus thérapeutiques dans le traitement des migraines, de l’asthme et de l’épilepsie. Depuis, les effets médicaux du cannabis se sont confirmés dans de nombreux domaines et aujourd’hui, le cannabis et ses dérivés sont utilisés dans certains pays pour soulager divers symptômes. À titre d’exemple, la vente de cannabis est autorisée en pharmacie aux Pays-Bas depuis 2003, tandis que la Suisse, le Canada et le Royaume-Uni « tolèrent la prescription de cannabis pour certaines maladies graves ».

Douleurs, nausées, vomissements...

Le cannabis est utilisé contre la douleur, les nausées et les vomissements liés notamment aux effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuses et des trithérapies contre le sida, pour stimuler à long terme l’appétit de certains malades atteints de maigreur extrême ou pour ses propriétés antispasmodiques chez les patients atteints de sclérose en plaques.

Epilepsie, dépression, dépendances...

De nombreux autres effets thérapeutiques sont suspectés, mais les études scientifiques et médicales n’ont pas encore permis de les confirmer : épilepsie, démangeaisons, dépression, anxiété, lésion de la moelle épinière, glaucome, troubles du mouvement, dépendances (benzodiazépines, opiacés, alcool), acouphènes…

Publié par Rédaction E-sante.fr le Vendredi 21 Juin 2013 : 11h42
Mis à jour le Mardi 25 Juin 2013 : 16h29
Source : Journal Officiel du 7 juin 2013, http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027513604&dateTexte=&categorieLien=id. Inpes, Baromètre santé jeunes 2010. Drogues et dépendance, éditions Inpes. Drogues Info Service, http://www.cannabis-med.org/french/patients-use.htm.