Cancer : le composé du chou qui triple l'efficacité de l'immunothérapie

Publié par Freya Yophy
le 14/05/2026
chou
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Photo d'illustration
Une étude majeure de l'Institut Curie et de l'Inserm, publiée dans Nature Communications, démontre que l'indole-3-carbinol, un nutriment présent dans les choux, décuple la réponse aux traitements anti-PD1.

L'immunothérapie représente une avancée thérapeutique majeure en oncologie, mais elle se heurte à un obstacle récurrent : tous les patients n'y répondent pas de manière égale. Les scientifiques cherchent depuis des années à comprendre les facteurs d'échec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire

Une piste fascinante émerge aujourd'hui de notre assiette.

Les choux à la rescousse de l'immunothérapie

L'équipe de recherche de l'Inserm et de l'Institut Curie vient de publier des travaux retentissants dans la prestigieuse revue Nature Communications. Les chercheurs identifient l'indole-3-carbinol (I3C) comme un nutriment déterminant pour le succès des thérapies anticancéreuses. 

Cette molécule se trouve abondamment dans la famille des crucifères, des plantes reconnaissables à leurs fleurs à quatre pétales disposées en croix. L'objectif de cette étude vise à élucider pourquoi l'efficacité du traitement anti-PD1 varie drastiquement d'un individu à l'autre.

Un interrupteur biologique pour les lymphocytes T

L'indole-3-carbinol ne se contente pas de nourrir l'organisme. Il se comporte comme un messager chimique capable de modifier l'expression de nos gènes. Il cible le récepteur AhR, situé au cœur des lymphocytes T cytotoxiques. L'I3C agit alors comme un véritable interrupteur biologique

Il aide les cellules immunitaires épuisées par la tumeur à retrouver leur pleine capacité de destruction. À l'inverse, sans cet apport nutritionnel, les lymphocytes T demeurent inactifs, rendant la thérapie inefficace.

Un bond spectaculaire des taux de guérison

Les données expérimentales sur des modèles de fibrosarcome marquent les esprits. En l'absence d'I3C, le taux de réussite d'un traitement anti-PD1 stagne à 20 % d'efficacité. Lorsque le composé intègre le régime alimentaire, ce chiffre bondit pour atteindre 50 à 60 % de réponses positives

L'alimentation modifie donc directement la surveillance immunitaire de l'organisme face au cancer. Ce mécanisme met en lumière la connexion puissante entre notre digestion, la qualité du microbiote intestinal et nos capacités de guérison.

7 légumes à intégrer dans vos repas

Considérer la nutrition comme un pilier complémentaire des soins oncologiques s'impose. Plusieurs aliments courants regorgent d'indole-3-carbinol. Voici les légumes à ajouter à vos menus :

  • Le brocoli
  • Le chou kale
  • Les choux de Bruxelles
  • Le chou-fleur
  • Le radis
  • Le cresson
  • La roquette

Des essais cliniques sur des patients doivent encore déterminer les doses exactes et vérifier si des compléments alimentaires peuvent remplacer les légumes frais. Les spécialistes recommandent une consommation régulière, tout en surveillant le risque d'interactions avec d'autres traitements. 

Garnir son assiette de ces végétaux frais constitue une action préventive et thérapeutique simple, accessible à tous les patients.

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