Cancer du poumon : un duo de traitements réduit de 58 % le risque de décès dans un essai
Le cancer du poumon à petites cellules représente environ 15 % des cancers pulmonaires. En France, toutes formes confondues, leur nombre était estimé à 52 777 nouveaux cas en 2023, selon l’Institut national du cancer, et non à 40 000.[^1]
L’essai international DeLLphi-305 s’intéresse à la forme dite « au stade étendu », lorsque la maladie s’est largement propagée. Il évalue une stratégie d’entretien : ajouter le tarlatamab au durvalumab après le traitement initial, sans attendre une nouvelle progression.
Les 563 participants avaient reçu une chimiothérapie associant un sel de platine et de l’étoposide, ainsi que du durvalumab. Leur maladie n’avait pas progressé à l’issue de cette première étape. Ils ont ensuite été répartis au hasard entre deux groupes : tarlatamab et durvalumab, ou durvalumab seul.
Présentés le 24 octobre 2026 au congrès ESMO à Madrid, les résultats ont été publiés simultanément dans le New England Journal of Medicine.[^2]
Une survie médiane de 21,1 mois contre 12,7 mois
L’analyse intermédiaire, réalisée après environ seize mois de suivi médian, montre un bénéfice important de l’association.
Ces durées sont calculées à partir de la répartition des patients au début du traitement d’entretien, et non depuis le diagnostic ou le début de la chimiothérapie.[^3]
| Résultat | Tarlatamab + durvalumab | Durvalumab seul |
|---|---|---|
| Survie globale médiane estimée | 21,1 mois | 12,7 mois |
| Proportion estimée de patients en vie à un an | 79 % | 53 % |
| Survie médiane sans progression | 7,4 mois | 1,9 mois |
L’écart de survie globale médiane atteint donc 8,4 mois. L’analyse statistique indique une réduction relative de 58 % du risque de décès au cours du suivi.[^2][^3]
Ces chiffres ne constituent toutefois ni une promesse individuelle ni un taux de guérison. Une médiane décrit le résultat d’un groupe : certains patients vivent moins longtemps, d’autres davantage. Un suivi prolongé permettra de mieux préciser la durée du bénéfice.
Comment le tarlatamab mobilise les défenses immunitaires
Le tarlatamab est un anticorps bispécifique, capable de se fixer sur deux cibles différentes. Il reconnaît la protéine DLL3 présente sur les cellules cancéreuses et la protéine CD3 portée par les lymphocytes T.
En rapprochant ces cellules, il aide les lymphocytes à reconnaître et à détruire les cellules tumorales. Cette approche contribue à diversifier les stratégies de traitement du cancer du poumon.[^4]
Des effets indésirables qui imposent une surveillance
Dans l’essai, des événements indésirables de grade 3 ou plus, toutes causes confondues, ont été observés chez 46,8 % des patients recevant l’association, contre 40,6 % sous durvalumab seul.[^3]
Un syndrome de libération de cytokines est survenu chez environ la moitié des patients sous bithérapie. Cette réaction inflammatoire liée à l’activation immunitaire était majoritairement légère ou modérée, mais cela ne signifie pas qu’elle soit toujours bénigne.[^2]
L’Agence européenne des médicaments souligne également un risque de toxicité neurologique. Des mesures préventives et une surveillance sont prévues, particulièrement lors des premières administrations. Les patients reçoivent des consignes pour reconnaître les effets indésirables à signaler sans attendre.[^4]
Quel accès au traitement en France ?
Le tarlatamab, commercialisé sous le nom Imdylltra, dispose d’une autorisation européenne depuis le 29 mai 2026. Celle-ci concerne son utilisation seul, après progression pendant ou après une première chimiothérapie à base de platine, chez des adultes atteints d’un cancer à petites cellules au stade étendu.[^4]
En France, la HAS a accordé un accès précoce le 18 juin 2026, dans cette situation, pour les patients non éligibles à un nouveau traitement par chimiothérapie à base de platine.[^5]
Cet accès ne doit pas être confondu avec l’association d’entretien étudiée dans DeLLphi-305. Les résultats soutiennent une utilisation plus précoce, mais ne valent pas, à eux seuls, autorisation de cette nouvelle indication. Les possibilités de traitement doivent être discutées avec l’équipe d’oncologie, selon la situation médicale et le cadre d’accès en vigueur.
Sources
Institut national du cancer : l’essentiel sur les cancers du poumon.
Dana-Farber Cancer Institute : présentation des résultats de DeLLphi-305 à l’ESMO, 24 octobre 2026.