Cancer du col de l'utérus : les médecins lui refusent un frottis et loupent sa tumeur mortelle

Publié le 11 Juin 2019 par Sophie Raffin, journaliste santé
Katie Bourne, une Britannique de 25 ans, a un cancer du col de l’utérus de stade 3. Elle est en colère contre les médecins car - malgré ses symptômes qui évoquaient la maladie mortelle -, ils lui ont refusé un frottis pendant plusieurs mois en raison de son jeune âge.
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© Istock

En juillet 2018, Katie Bourne, 25 ans, avait de fortes douleurs à l'estomac, et est donc allée voir son médecin. Il pense alors qu'elle souffre de la maladie de Crohn. Toutefois, malgré le traitement, la souffrance ne s'estompe pas. Elle va alors demander un frottis à deux gynécologues. Bien que ses symptômes puissent faire penser à un cancer du col de l'utérus, les deux spécialistes lui refusent en raison de son jeune âge.

Sauf qu'en février dernier, la jeune femmes s’effondre au travail et passe trois nuits à l'hopital. "A cause de mon âge, il m'a encore été refusé un frottis et quand la douleur est partie, ils m'ont renvoyée à la maison", déplore la malade. Pourtant, les symptômes continuent à être très présents : "Quand je les ai tapés sur Google, ils évoquaient le cancer du col de l'utérus".

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C'est finalement à la troisième demande de son médecin traitant qu'un gynécologue a accepté de procéder à l'examen. Le résultat a été sans appel : cancer du col de l'utérus de stade 3.

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En clair : la tumeur a envahi le vagin dans sa totalité et/ou elle s’est étendue à la paroi du pelvis. Elle peut aussi avoir bloqué un uretère (canal qui conduit l’urine du rein à la vessie). Cela provoque un gonflement du rein et peut même l’empêcher de fonctionner.

Un diagnostic effrayant

Katie Bourne ajoute : "je ne me souviens plus de rien après qu'ils ont dit cancer du col de l'utérus. Je me rappelle juste être rentrée à la maison". Son oncologue, rencontré après la découverte de la maladie, lui a annoncé qu'elle n'avait plus que 18 mois à vivre si elle ne suivait pas de traitement.

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La jeune femme suit aujourd’hui une chimiothérapie avec espoir. "Pour être honnête, le seul jour où je me sens vraiment déprimée est la veille de ma chimiothérapie. Je vacille un peu, mais je n'y pense pas tout le temps". Toutefois, elle peut compter sur le soutien de ses proches. Ils ont lancé une collecte pour l'aider à réaliser ses rêves et financer un potentiel traitement alternatif si sa chimiothérapie ne se montre pas efficace.

Le frottis, qu'est-ce que c'est ?

Le frottis est le principal examen de dépistage du cancer du col de l'utérus. Pendant cette procédure indolore, des cellules du col de l'utérus sont récoltées afin de les examiner en laboratoire. On regarde si elles présentent des malformations. Nommées dysplasies, ces malformations cellulaires peuvent évoluer en cancer du col de l'utérus lorsqu'elles sont provoquées par le papillomavirus. Si les résultats révèlent une anomalie, des examens complémentaires sont pratiqués.

Le frottis est recommandé aux femmes âgées de 25 à 65 ans (ou de 20 à 65 ans dans les départements d’outre-mer. Le premier frottis doit ainsi être effectué à l’âge de 25 ans. Ensuite, il est conseillé de faire deux frottis à un an d’intervalle. Si les résultats sont normaux, un frottis tous les trois ans suffit.

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