Cancer de la prostate : les hommes trop gros ont plus de risque de récidive

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Les hommes obèses ou souffrant d'un syndrome métabolique sont plus à risque de récidive après un cancer de la prostate. Et ce malgré une ablation totale de cette glande.

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Après un cancer de la prostate, les récidives sont nombreuses. On estime qu'un patient sur trois doit faire face à une résurgence de sa tumeur. Et certains sont bien plus à risque de recevoir ce diagnostic, rappelle une étude présentée au congrès thématique de l'Association américaine pour la recherche sur le cancer, qui se tient du 27 au 30 janvier à Austin (Etats-Unis).

A l'origine de cette étude, un constat : de plus en plus d'adultes souffrent de surpoids, voire d'obésité. Les récidives des cancers de la prostate sont, elles aussi, plus fréquentes. Les chercheurs de l'hôpital général Allegheny de Pittsburgh (Etats-Unis) ont donc voulu voir si un lien existait, en s'appuyant sur 1 100 dossiers de patients qui ont subi une ablation totale de la glande malade.

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Ces hommes ont été classés en trois groupes, selon le risque d'évolution du cancer. Les scientifiques ont ensuite regardé le taux de récidive en tenant compte de deux paramètres : l'IMC – qui permet d'évaluer la surcharge pondérale – et la présence d'un syndrome métabolique (1).

Un risque jusqu'à quatre fois plus élevé

Dans la population étudiée, un participant sur trois était obèse. Ils étaient un peu plus nombreux dans le groupe "à haut risque". Et ce surpoids semble lié au risque de récidive : celles-ci sont plus fréquentes que chez les personnes dont l'IMC est inférieur à 30 (30 % contre 17 %, respectivement).

Les facteurs de risque qui accompagnent l'obésité ont eux aussi un rôle à jouer. Les hommes souffrant de syndrome métabolique sont quatre fois plus à risque de faire une récidive "biologique" que les autres.

Cela signifie que la probabilité d'avoir un dosage au PSA anormal est plus élevée. Cet examen permet d'évaluer le risque de cancer. Cette protéine est censée être indétectable après une ablation totale de la prostate.

Mais comme le souligne une étude relayée par l'Association Française d'Urologie, les récidives qui s'observent par un PSA élevé suivent une mécanique bien huilée. Une phase asymptomatique peut s'observer pendant huit ans "jusqu'à l'apparition des métastases, puis une seconde de cinq ans avant le décès."

Aux yeux des auteurs de cette présentation, l'IMC des hommes doit être pris en compte lors du suivi post-chirurgie. "Ces patients devraient bénéficier d'un suivi ciblé", estime Arash Samiei.

(1) Le syndrome métabolique est un terme qui désigne un ensemble d'anomalies physiologiques qui augmentent le risque de diabète, de maladies cardiovasculaires ou d'AVC. L'Organisation Mondiale de la Santé fixe 5 critères pour le définir : la résistance à l'insuline, l'obésité, l'excès de cholestérol, l'excès de triglycérides, l'hypertension artérielle.

Publié par Rédaction E-sante.fr le Lundi 29 Janvier 2018 : 12h50
Source : Obesity and metabolic syndrome correlate with poor oncologic outcome in prostate cancer patients who underwent radical prostatectomy, Arash Samiei et al, Obesity and Cancer: Mechanisms Underlying Etiology and Outcomes, 27 janvier 2018
PSA et suivi après traitement du cancer de la prostate, A. Benchikh El Fegoun et al, Progrès en Urologie, mars 2008 (consulté le 29 janvier 2018)
Surpoids et obésité, réduire les risques de cancer, Institut national du cancer, consulté le 29 janvier 2018
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