Cancer colorectal : dois-je me faire dépister ?
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Quelles sont les personnes à risque « élevé » de cancer colorectal ?

Environ 20% des cancers colorectaux surviennent chez des personnes à risque « élevé » et 5 à 10% chez celles à risque « très élevé ». Le risque est qualifié d’« élevé » en cas d’antécédents familiaux et/ou personnels de polype ou de cancer colorectal. Un cancer colorectal sur trois est familial.

En cas d’antécédents de cancer colorectal, plus les personnes sont apparentées à un degré proche et plus le nombre de parents touchés est important, plus grand est le risque de cancer.

Compter un apparenté du premier degré avec un cancer colorectal ou un polype avant l’âge de 65 ans (ou si la personne a deux apparentés du 1er degré touchés, quel que soit leur âge) indique la réalisation d’une coloscopie de dépistage.

En effet dans ce cas, le "test immunologique" est inutile et la coloscopie s’impose d’emblée. On entre alors dans le domaine de la prévention et non plus du simple dépistage : la coloscopie permet de déceler la présence éventuelle de polypes et de les retirer avant qu'ils ne se transforment en cancer.

Pr Frank Zerbib, du service d’Hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive (CHU Bordeaux) : « Les personnes à « haut risque » ont 8-15% de risque de cancer colorectal. Certaines personnes sont même classées à « très haut risque » ; elles ont jusqu’à 100% de risque de cancer colorectal dans la polypose adénomateuse familiale (affection héréditaire causée par une mutation génétique sur les gènes APC et MYH) et 80% dans le syndrome de Lynch (hereditary nonpolyposis colorectal cancer ou HNPCC) ».

Nouveau test « immunologique » : plus simple, plus fiable

En 2016, un nouveau test rapide dit « immunologique » a fait son entrée dans le dépistage en France. Il a avantageusement remplacé l’ancien test Hemoccult®. D’une part parce qu’il est plus performant : il permet de détecter deux fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus de polypes que l’ancien test. Un test positif (environ 4 % des cas) ne dénote pas forcément la présence d’un cancer mais la coloscopie s’impose pour le confirmer ou l’infirmer. L’autre avantage du test est qu’il est plus simple et plus rapide à réaliser. Il consiste à prélever chez soi un seul échantillon de selles (et non plus trois, sur trois jours) au moyen d’un kit de prélèvement bien plus aisé à manipuler et à l'envoyer dans les cinq jours au laboratoire de biologie médicale indiqué. Les résultats sont obtenus dans les quinze jours.

Sa simplicité d’utilisation améliore-t-elle sa diffusion ? Une étude menée en Ille-et-Vilaine a montré que la convocation au dépistage par le test immunologique envoyée au domicile par l’Assurance Maladie, doublée d’un envoi au domicile du kit lui-même si la personne ne s’est pas faite dépistée permet de passer d’un taux de dépistage de 30% à près de 50%. Reste qu’en 2016, cette relance postale a été abandonnée. Le Conseil National Professionnel d’Hépato-Gastroentérologues (CNPHGE) ne lâche pas l’affaire.

Côlondays 2017 en pratique : https://www.colon-days.fr

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Source : * sondage 2016 Opinion Way pour le Conseil National Professionnel d'Hépato-gastroentérologie 
**au stade dit "T 1 superficiel" sans métastase ni ganglion
D’après un entretien avec le Pr Frank Zerbib, du service d’Hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive (CHU Bordeaux).