Cancer du côlon : comment se faire dépister ?

Face au cancer du côlon, nous n’avons pas tous le même niveau de risque.

Or c’est ce niveau de risque qui dicte la stratégie de dépistage à suivre.

Globalement, il y a des personnes à risque de cancer colorectal à qui l’on recommande un dépistage individuel à mettre en place avec son médecin et les personnes n’ayant aucun risque particulier ni aucun symptôme, auxquelles s’adresse le dépistage organisé.

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Quelques informations en amont sur le cancer du côlonOn recense environ 42.000 nouveaux cas de cancer du côlon chaque année et 17.500 décès (chiffres 2013).Le cancer colorectal est un cancer très fréquent : il s'agit du deuxième cancer le plus fréquent chez la femme et du troisième chez l’homme.Notre pays est particulièrement touché (incidence élevée). Nous sommes donc tous et toutes potentiellement concernés, à des niveaux différents selon nos propres facteurs de risque.Le cancer colorectal se développe principalement à partir de polypes qui s'installent et forment des sortes de "boules" dans le côlon ou le rectum. Ces polypes sont normalement silencieux (pas de symptômes). Certains d'entre eux mutent pour devenir cancéreux. Le risque de cancer augmente avec le nombre de polypes et leur taille.Cancer du côlon : informations sur le dépistage individuel des personnes à risqueCertaines personnes sont à risque élevé de cancer du côlon (25% des cas de cancer du côlon). Celles notamment qui présentent :un antécédent personnel ou familial de cancer de l’intestin,un antécédent personnel ou familial de polypes,une maladie inflammatoire chronique de l’intestin,une prédisposition génétique : syndrome HNPCC (syndrome de Lynch), polypose adénomateuse familiale (PAF).Pour ces personnes à haut risque, un dépistage individuel s'impose, comprenant en première intention une coloscopie et un suivi spécialisé.Le dépistage organisé du cancer colorectal : pour qui et quand ?Attention, toute personne qui présente des symptômes (modifications récentes du transit : constipation ; diarrhées ; rectorragie : saignement anal, douleurs abdominales ; méléna : évacuation anale de sang noir, etc.) doit consulter un gastro-entérologue.Le dépistage organisé du cancer colorectal s'adresse aux personnes qui n’ont aucun des antécédents particuliers cités plus haut, qui sont âgées de 50 à 74 ans et qui ne présentent aucun symptôme. Ce dépistage organisé est mis en place en France depuis 2009 et repose sur le test immunologique décrit dans le paragraphe suivant.Le point sur les examens de dépistage du cancer colorectalLe test immunologiqueLe test immunologique (qui remplace le test Hémoccult II depuis mai 2015) repose sur une recherche de traces de sang dans les selles, signe d'une lésion suspecte, d'un polype ou d'un cancer.Il est à réaliser chez soi : prélèvement d’un petit échantillon de selles, à envoyer par la poste au centre de lecture agréé pour le dépistage. Tout le matériel nécessaire est fourni dans un kit, à retirer auprès de son médecin traitant lors d'une consultation. Tous les patients concernés sont personnellement invités par courrier à suivre cette démarche. Le test est pris en charge à 100% par l’Assurance maladie. En cas de test négatif (98 % des cas), la personne est invitée à renouveler le test deux ans plus tard, jusqu’à l’âge de 74 ans.En cas de test positif (environ 3 % des patients), une coloscopie est réalisée. Si cet examen est normal, une simple surveillance est mise en place, avec un nouveau test Hémoccult dans les 5 ans.A savoir :par rapport au test Hémoccult, le test immunologique est plus performant, plus fiable et plus simple d’utilisation, avec notamment un seul prélèvement de selle au lieu de 6 auparavant.La coloscopieLa coloscopie peut permettre d’identifier un adénome ou un cancer du côlon (adénocarcinome). Outre son utilité pour le diagnostic, la coloscopie peut aussi être thérapeutique, c’est-à-dire que l’on peut en même temps faire un prélèvement dans le but de caractériser plus précisément la lésion ou encore de procéder à une ablation de la lésion. La coloscopie n’est recommandée en première intention par les autorités de santé qu’aux patients à risque élevé. Des informations complémentaires sur la coloscopie sont disponibles ici.La coloscopie virtuelle

Plus récent, cet examen permet d’identifier des lésions de plus de 10 mm avec une grande sensibilité. Mais la coloscopie virtuelle nécessite de faire un 2e examen colique pour avoir un diagnostic formel des lésions. C’est notamment pourquoi la Haute autorité de santé (HAS) recommande de ne pas faire cet examen en première intention chez des patients à risque moyen, et donc dans le cadre du dépistage organisé, mais seulement en cas de coloscopie classique infructueuse.

Publié le 09 Juin 2014 | Mis à jour le 29 Décembre 2015
Auteurs : Rédaction E-sante.fr
Source : Haute autorité de santé (HAS), dépistage du cancer colorectal, www.
Voir + de sources
has-sante.fr. Ministère de la santé, www.social-sante.gouv.fr. Medscape, Intervention du Dr Romain Coriat, Gastro-entérologue, Hôpital Cochin, Paris, www.medscape.fr/features/en-pratique/33000028?nlid=52383_2401. Assurance maladie, www.ameli.fr/assures/prevention-sante/le-depistage-du-cancer-colorectal.php- http://www.association-france-colon.fr/fr/colon/cancer-colorectal. Ministère de la santé, http://www.social-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/communiques,2322/depistage-organise-du-cancer,16984.html.


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